mercredi 11 août 2010

La personnalité ? Du vent !

Lorsque je regarde mes modes de fonctionnement, j’ai l’impression de tourner en rond dans un labyrinthe. Je vois bien depuis quelques années que je répète toujours les mêmes processus qui m’amènent toujours dans les mêmes impasses. 

Mes proches réagissent par exemple à un de mes comportements, ce qui va entraîner une réaction de ma part à laquelle ils vont réagir et ainsi de suite : c’est sans début et sans fin et ce sont toujours les mêmes scénarios qui se rejouent.

Il y a quelques années, je pensais qu’il suffisait de changer de comportement et que le résultat extérieur serait différent. Et effectivement, il est possible de modifier les tendances comportementales, ça marche, je l’ai testé. Mais je ne suis pas sortie du labyrinthe, j’ai juste mieux vécu dans le labyrinthe. Par exemple, si je développe la tendance à la générosité, j’aurais des conditions de vie plus agréables et je serai entourée de personnes généreuses. Et c’est merveilleux bien sûr, c’est une grande bouffée d’oxygène, mais ce n’est pas l’éveil. Je peux devenir la personne la plus gentille, la plus parfaite du monde mais je serai toujours identifiée à ce corps-mental-personnalité donc susceptible de tomber malade, de vieillir, de mourir, et d’en souffrir.

Mais je pense qu’il ne s’agit même pas de sortir du labyrinthe. Le changement de perspective serait de voir que le labyrinthe n’existe pas. Donc, là, concrètement, il ne s’agit pas de « m’améliorer », ni de modifier mes comportements mais de les regarder. De les accueillir dans la transparence. Je me laisse traverser par la situation, par ma réaction. Je prends conscience de ma résistance à la situation présente sans me juger et elle diminue. A chaque fois qu’il y a réaction, c’est un processus vu comme consistant à coller un souvenir à une situation présente et à réagir émotionnellement au souvenir réactivé plus qu’à la situation présente, encore et encore, jusqu’à écœurement. C’est plus facile de voir ces processus avec des situations ne se produisant que de temps en temps. Mais je commence à voir mes résistances à des situations rencontrées quotidiennement, voire répétées plusieurs fois par jour, avec mes proches. Il y a 3 processus qui se sont dévoilés dans mon vécu ces deux dernières semaines. Bon, du coup, au quotidien, en ce moment, je me retrouve à faire des pauses, des arrêts, en plein milieu d’interactions avec des proches parce que cela me saute aux yeux subitement. Et l’envie de réagir diminue alors avec l’envie d’avoir raison ou de me défendre.

Ce fut un peu déstabilisant de voir que ce qui définit ma personnalité au quotidien est une totale absurdité, une folie quasi permanente. Tout ce qui régit mon comportement est lié aux souvenirs réactivés par chaque situation rencontrée. Cela met en évidence la coquille vide qu’est réellement la personnalité : une collection de souvenirs conditionnant...

Et je ne suis pas une collection de souvenirs !

Quel sens y-a-t-il à me définir comme quelqu'un de gentil par exemple ? Il n'y a personne pour être gentil, il y a un conditionnement m’amenant à réagir gentiment. Est-ce que je suis un conditionnement m’amenant à réagir gentiment ? Est-ce que je peux être définie par des conditionnements donc des souvenirs ? Si j’oublie mes conditionnements et les souvenirs qui les régissent, est-ce que je peux encore me définir comme quelqu'un de gentil ? Est-ce que je suis encore « moi » ? Qui est ce « moi » ? Quel sens cela aurait-il de me définir par rapport à quelque chose de transitoire, qui n'est pas là tout le temps : une émotion, un comportement, une pensée... ?

Lorsqu’il m’est demandé quelles sont mes qualités ou que quelqu’un m’affuble d’une qualité ou d’un défaut particulier, je réponds « normalement », je joue le jeu, mais, à l’intérieur, il y a comme un blanc. De quoi on parle ? La personnalité n’est que du vent, une collection de souvenirs, de pensées. Est-ce que le vent peut être qualifié de gentil ?

2 commentaires:

  1. Bonjour
    Pour ce que j'en vois, la personnalité est un empêchement tant que nous y attachons beaucoup d'importance, en des termes comme : "mon histoire, mon pays, mon travail, etc".
    Losqu'on prend cette position de témoin que vous décrivez, elle devient plus fluide, moins réactive... alors elle participe.
    Merci pour ce partage.

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  2. Bonsoir

    COMME L'INSPIRE EXPIRE CONTINUER TOUT SIMPLEMENT
    QUAND ON NE CHERCHE PLUS PEUT ETRE AVONS NOUS TROUVÉ
    LE CHEMIN EST LUI MEME LE CHEMIN
    'La roue est formée de trente rayons autour d'un moyeu
    Mais c'est le vide central qui fait rouler le véhicule.
    On creuse l'argile pour faire un vase
    Mais c'est du vide que dépend l'usage.
    Une maison est percée de portes et de fenêtres
    Mais ce sont ses vides qui la rendent habitable.

    Ainsi se sert-on de ce qui est
    Grâce à ce qui n'est pas'.

    Lao Tseu

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