vendredi 8 janvier 2010

Être

"Être", avant de se demander quel est notre nom, avant de réfléchir pour savoir si on est un homme ou une femme, avant encore de se rappeler qu'on est un être humain. Ce premier instant de fraîcheur où il y a juste la sensation d'être, le sentiment d’exister. Avant que le mental n’intervienne.

1) La fascination cache l’Être

Le véritable objet de notre désir est Être. Parce ce que dans la poursuite du désir, le moment le plus recherché est le non-désir qui apparaît une fois le désir assouvi. Je n'avais pas vu que ce qui nous intéresse réellement ce n'est pas la joie d'avoir obtenu ce qu'on veut, mais la joie de ne plus vouloir quelque chose (la fin de la quête).
Adyashanti explique que toutes les distractions qui nous sont si chères n'ont qu'un seul but : nous distraire de notre querelle avec ce qui est. On ne cherche pas une joie de faire quelque chose qu'on aime, on cherche juste une joie de ne plus être en conflit avec la vie.

Bref, on cherche tous l'éveil ! Tout le temps ! Maladroitement !

Tant qu’on est fasciné par tout ce qui se manifeste, l’Être est inaccessible. Tant que la manifestation génère des émotions que l'on nourrit ou rejette, on se perd dans les projections de notre ego.
C’est dans les moments de ras-le-bol que l’Être redevient accessible, quand je me rends compte à quel point je tourne en rond dans des processus de quête extérieure de bonheur stériles. Stériles puisque invariablement l’extérieur me renvoie à moi-même comme un miroir. Lorsque je me regarde reproduire ces processus inefficaces ad nauseum, un dégoût s’élève. Et c’est à ce moment-là que le retour à la maison est favorisé. Néanmoins, il a fallu la présence d’un éveillé et ses paroles pour que l’Êtreté se laisse effleurer fugitivement. C’est si simple !

2) La désidentification

Comprendre ce qu'on n'est pas. Je ne suis pas ma personnalité, mes souvenirs, mon corps... Être englobe tout cela mais ne s'identifie pas à tout ça. Pas plus qu'on ne s'identifierait à un rôle joué dans une pièce de théatre : on sait bien qu'on n'est pas notre rôle.

3) Habiter l’Être

a) Passer de l’extérieur à l’intérieur

On est tout le temps en train de regarder par les fenêtres des yeux, on regarde l’extérieur, on est fasciné par l’extérieur, par toutes les manifestations, les perceptions.
La méditation, je pense, a préparé le terrain. Mais pas la méditation où on compte ses respirations, celle où on rentre à l’intérieur. Celle où au lieu de regarder à l’extérieur, on regarde à l’intérieur de ses yeux : la paupière, la cornée. Cela aide à « reculer » en soi, à rentrer à l’intérieur de la tête dans un premier temps. C’est un peu comme une première étape. Bien sûr les méditations sur le souffle ne sont pas inutiles, elles ont probablement amené la capacité à rentrer en moi.

b) Le lieu du regard

Une fois qu’on est rentré en soi, se rendre compte que de là où part le regard, il n’y a rien. On ne voit pas notre propre tête donc notre regard part d’un espace vide.

c) Être regard

Quand on fait ce recul en arrière dans cet espace vide qu’on croyait être notre tête, il n’y a rien à quoi se raccrocher. On peut juste être regard. Et là, il n’y a pas de pensées. Dès que des pensées apparaissent, c’est qu’on n’est plus « regard ».

4) Revenir à l’Être

Il y a des rappels qui m’aident à revenir à l’Être quand je me suis laissée entraîner par des émotions.

Exemples :
  • Me rappeler que celui qui a des émotions est un personnage conditionné qui ne peut agir autrement que de la façon dont il agit. On joue un rôle comme un personnage de jeu vidéo ou un acteur de cinéma mais on n’est pas nôtre rôle.
  • Me rappeler que je suis Conscience Pure.
Cette démarche enclenche/rappelle la désidentification. Il n’y a pas de rejet, on est moins dans l’idée que la situation n’est pas telle qu’elle devrait être. Et surtout, on n’essaye pas de changer quoi que ce soit.

Il n’y a rien à changer, rien à abandonner. Essayer de modifier notre personnage et ses émotions est, de mon point de vue, inutile en termes d’éveil. Ce n’est pas le personnage qui s’éveille. La Conscience est et a toujours été là, le personnage n’en est qu’une de ses manifestations temporaires et on est Conscience.

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