vendredi 21 janvier 2011

L'arrière-plan

 Le vécu ou ressenti d'arrière-plan, tel que je le vis, est une impression de recul "intérieur", une impression de me "retirer du mental".

Physiquement, il y a des ressentis au niveau des yeux, de la tête et du corps.

Au niveau des yeux : il est pris conscience d'une tension dans les yeux, d'une force qui est là et qui pourrait presque les faire sortir de leur orbite vers l'avant. Le vécu d'arrière-plan entraîne une détente dans les yeux et dans le regard qui n'est plus concentré en un point mais qui s'élargit. Et quand cette tension dans les yeux diminue, cela donne l'impression que les yeux reculent dans leur orbite. J'habite mes yeux, je rentre à la maison.

Au niveau de la tête : c'est comme si les yeux continuaient à reculer dans la tête. Il peut y avoir un ressenti à la base du crâne, à l'arrière de la tête. Il y a une impression de vide, que de là où part le regard, il n'y a rien.

Au niveau du corps : la sensation du corps semble "se retirer" de la face avant de celui-ci vers l'arrière. Et il y a une grande détente du corps à ce moment-là. Si je suis debout, il peut y avoir une conscience d'être bien posée sur mes pieds. Il peut y avoir un ressenti de transparence, de perte des limites du corps.

Au niveau du mental, il y a un désintérêt pour l'histoire qu'il se raconte à ce moment-là et il y a cette impression de se retirer du mental. 

Et l'instant d'après, je suis de nouveau scotchée au mental, la tension dans les yeux et le corps est de nouveau là avec la sensation d'être projetée vers l'avant. Mais dès que c'est vu, le recul se fait à nouveau.

Mais il n'est pas nécessaire de FAIRE tout cela (détendre les yeux, la tête, le corps). Il y a comme un rappel de l'arrière-plan et les différents aspects prennent place, j'ai envie de dire, automatiquement.

Cela se produit de nombreuses fois dans une journée. C'est souvent bref même s'il y a eu quelques épisodes de plusieurs heures. Néanmoins, j'ai le sentiment que l'ensemble de mon vécu est de plus en plus teinté par cet arrière-plan. Je ne l'oublie pratiquement jamais, c'est tout le temps là. C'est un peu comme regarder un film au cinéma tout en étant conscient de l'écran sur lequel il est projeté. L'écran, c'est l'arrière-plan à partir duquel les images sont vues.

Le vécu ou ressenti d'arrière-plan est variable, plus ou moins intense, comme s'il y avait des degrés.

Ces vécus ne sont pas nouveaux car tout le monde connait la détente des yeux, de la tête et du corps. Et pourtant, le lâcher-prise n'avait pas du tout, auparavant, l'intensité qu'il peut avoir aujourd'hui. Quelque part, j'ai l'impression que ce mouvement de recul, je le fais depuis longtemps et cela m'est arrivé notamment à l'époque où je faisais des pratiques méditatives. Mais cela n'allait pas "très loin".
Au niveau du corps, cela me donnait une impression de légèreté, comme si je flottais. C'est seulement depuis qu'il y a eu le premier aperçu que ce vécu s'est intensifié, approfondi, et cela n'a rien à voir avec une impression de flotter ;-).
Au niveau du mental, il y avait parfois des expériences de calme mental mais cela n'a rien à voir non plus avec le vécu d'arrière-plan. Ce n'est pas que le mental se calme mais que je me retire du mental, que je prends conscience que je ne suis pas le mental. Je pourrais parler de saut quantique entre le vécu de "témoin" avant et après le premier aperçu : c'est à dire qu'il ne s'agit pas, de mon point de vue, d'une progression depuis le calme mental vers le fait de se sentir retirée du mental. Il y a carrément un changement de gamme. Avant, il fallait que le mental se calme pour que je me sente calme. Aujourd'hui, que le mental soit calme ou non, je suis calme.

Quand je viens de rencontrer ou de communiquer avec une personne réalisée, ce vécu d'arrière-plan est très présent, se fait plus souvent, l'abandon est plus 'grand', dure plus longtemps parfois.

Puis, après quelques jours, l'intensité du vécu d'arrière-plan diminue. Pendant une longue période, je n'ai pas apprécié cette diminution, qui finissait par une perte complète, et je retournais voir un réalisé 1 ou 2 fois par semaine. J'étais accro, je peux même dire dépendante de la présence d'un réalisé. Et puis, un jour, je n'ai plus eu envie d'aller voir des réalisés et après m'être éloignée suffisamment longtemps, je me suis rendue compte que, même s'il y avait une diminution de l'intensité du vécu d'arrière-plan, il ne disparaissait plus pour autant : c'était moins fort mais c'était toujours là. Et c'était "ma" propre capacité à vivre et à habiter l'arrière-plan, non amplifiée par la présence d'un réalisé. Il y a une joie d'avoir trouvé cette autonomie, qu'il n'y ait plus de dépendance vis à vis de quelque chose d'"extérieur". Les rencontres et les échanges écrits avec une personne réalisée sont toujours une joie mais je ne les vis plus comme un besoin.

Quand il y a un aperçu, cela se passe si vite que j'ai rarement le temps de "voir" les aspects décrits plus haut avant l'aperçu mais il m'est arrivé de les voir. C'est comme si, dans ce cas, le recul se faisait suffisamment loin, complètement.



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