samedi 6 février 2010

Transparence

Parfois la mentalisation a tellement repris le dessus que je suis prise par les projections, presque sans aucun recul. C'est dans ces moments-là que je vois que j'essaye à nouveau de comprendre. Comme si le mental pouvait comprendre quelque chose à ce qui le dépasse complètement ! C'est comme si lors de la projection d'un film sur un écran, un acteur de ce même film essayait de comprendre ce qu'est l'écran...

Lorsqu'il y a un aperçu, il y a juste Être, hors du mental. Et ça n'a rien à voir avec calmer le mental ;-). C'est drôle de réaliser que c'est de s'identifier au mental qui fait souffrir, pas le mental lui-même.

Quand la mentalisation est dominante, il y a quand même un minimum de recul parce que je vois ce qui se passe mais c'est très intermittent et il y a un ras-le-bol d'être prise par cette inconscience qui tourne en rond.

Cela peut durer un ou deux jours et puis, d'un coup, ça retombe, comme un soufflé. L'accueil de tout ce qui apparaît tel que cela apparaît s'impose à nouveau, de lui-même, une évidence.

Dans cet accueil, que se passe-t-il ?

Il y a fusion avec "l'extérieur", c'est-à-dire avec ce qui est perçu : je n'essaye pas de changer ce qui se passe, je ne me lamente pas. Je respire les images et informations qui semblent provenir de l'extérieur, je fais "corps avec".

La mentalisation et donc l'illusion de contrôle s'effritent à ce moment-là. La volonté personnelle perd de sa force.

L'attention est tournée vers "l'intérieur". Il y a conscience d'être dans le corps, de percevoir l'extérieur à partir de l'intérieur du corps.

Le corps devient un objet observé. Mais quelle étrange impression de se rendre compte qu'à bien y regarder, il n'y a pas de conscience du volume du corps ni de ses limites, comme s'il n'y avait rien, pas d'extérieur ni d'intérieur. Il y a juste des sensations : un contact de vêtements, une douleur, une tension, une vibration...

Il y a comme une fluidité, une transparence du corps, même lorsqu'il est en mouvement.

Je me sens parfois comme fraîchement débarquée d'un pays sans mémoire, avec un corps flottant, sans limites. Des pensées surgissent de nulle part. Et je me surprends à ne plus très bien savoir qui je suis...

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