samedi 6 mars 2010

La quête du bonheur

La quête du bonheur, donc de l'éveil est longtemps tournée vers l'extérieur. On croit que l'extérieur est responsable de notre bonheur, que nous allons trouver à l'extérieur ce que nous cherchons.

1) Faire dépendre son bonheur des autres

C'est notre façon la plus flagrante de chercher le bonheur. On est persuadé, par exemple, qu'il nous faut être en présence de certaines personnes pour être heureux. Nous voulons être aimé, être reconnu, ne pas être seul,...

Et puis, un jour, on remarque que les autres ne nous rendent pas heureux ou malheureux mais ne font que refléter notre état émotionnel. C'est-à-dire que si l'on était déjà heureux avant de les voir, la rencontre est des plus plaisante. La difficulté, c'est que souvent, nous ne sommes pas conscients de notre état émotionnel ou nous sommes dans le déni. Si nous sommes déprimés, par exemple, mais que nous ne le voyons pas, l'extérieur va nous renvoyer des émotions en rapport avec notre état et nous allons croire que c'est l'extérieur qui nous rend malheureux à ce moment-là.

Donc, la première compréhension qui me semble apparaître dans ce processus de quête de bonheur est que les autres ne sont pas responsables de nos humeurs, de notre bonheur.

2) Le désir de s'améliorer

Je range dans cette catégorie : le désir d'être une meilleure mère, une meilleure épouse, une meilleure disciple, le désir d'être plus altruiste, d'être spéciale, d'être meilleure que les autres,...

C'est toujours une façon de chercher le bonheur à l'extérieur, mais c'est plus subtil. Une fois que nous avons compris que les autres sont un reflet, il semble évident que meilleurs nous seront, meilleures seront nos relations avec les autres. L'ennui, c'est que cela donne des résultats à condition de ne pas être trop dans l'attente d'un retour. Par exemple, pour la générosité, si c'est une tendance que je développe dans le but que les autres soient généreux avec moi, je risque de rencontrer des personnes dont la générosité sera intéressée...

Comme, malheureusement, je ne crois pas que nos actes puissent être gratuits tant que nous sommes identifiées à un corps-mental-personnalité, l'extérieur continue à ne pas être la source de bonheur espérée.

3) La fin de la quête

Je commence à me rendre compte que pratiquement chacun de mes actes, chacune de mes paroles et de mes pensées est teinté par ce désir d'être heureuse. Que l'agitation de mon mental est directement reliée à cette recherche de bonheur extérieur. Je vois que je reproduis toujours les mêmes scénarios supposés me rendre heureuse sans succès, que dès qu'une déception se produit, je cherche aussitôt une autre source extérieure de joie, sans plus de succès. Lorsque cela est vu, le mental se calme...

En fait, le véritable bonheur, tel que je le perçois, c'est quand il n'y a plus de recherche : il y a repos, paix, joie. C'est la conscience pure.

Mais, les habitudes ont la vie dure, cette tendance à chercher le bonheur à l'extérieur est très fortement ancrée car certaines circonstances nous ont apporté du plaisir comme le fait d'être repu à la fin d'un repas après avoir eu faim. Mais même si un plaisir est trouvé, il ne dure pas : il est vu que l'extérieur est loin d'être une source de bonheur fiable.

Et c'est à force de regarder ce désir de bonheur tourné vers l'extérieur et les pensées qui sont en lien avec ce désir, encore et encore, qu'un lâcher prise apparaît. Quand ce lâcher prise se produit, la projection s'arrête et nous réintégrons consciemment le corps. Nous avons l'impression d'être au centre de nous-mêmes mais, à bien y regarder, comme nous ne percevons pas de limites dans notre regard intérieur du corps, il n'y a pas de centre non plus. Nous sommes vastes, fluides, transparents comme la respiration qui imprègne tout, le corps comme l'"extérieur", le corps et l'"extérieur" ne faisant plus qu'un.


2 commentaires:

  1. Bonjour,
    Oui c'est bien ainsi que les choses se passent, quête incessante tendue vers demain, en regrets du passé.
    Oui, le lâcher prise, qui n'est pas laisser- aller, c'est la paix en soi.
    Je ne pense pas que nous quittions notre corps, seulement l'illusion de séparation...
    Je reviendrai lire vos autres billets
    Amicalement

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  2. Bonjour Miche,

    En effet, je ne crois pas que nous quittions le corps. Dans un regard intérieur, je ne trouve pas le corps, je n'ai pas le sentiment d'être localisée. Pas en dehors du corps pour autant mais la question du dehors et du dedans perd son sens dans ces moments.
    Merci d'avoir pointé le lien entre la quête de bonheur extérieure stérile et l'idée du devenir.
    Au plaisir de vous lire également
    Amitiés

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