samedi 23 juillet 2011

Rien à changer

Je préfère l'expression "rien à changer" plutôt que celle qui dit "tout accepter". 

Dans le "tout accepter", je décèle encore une notion d'effort : je me contrains à accepter tout ce qu'il se passe. Telle personne me fait du mal mais j'accepte, j'accepte tout ce qu'elle me fait, me permettant ainsi de profiter pleinement de mon rôle de victime qui me donne tellement l'impression d'être une "sainte". Ou alors, je suis dans le "je m'en fiche" qui cache souvent un aveuglement par rapport à ce qui est réellement ressenti : je suis dans un déni plus ou moins conscient de ma souffrance et je me fais croire que je ne suis pas impactée, que j'ai "accepté" la situation.

De mon point de vue, il ne s'agit pas de tout accepter en me la jouant martyr ou en me mentant à moi-même. Il s'agit d'être consciente de l'impact que les situations ont sur moi. Et c'est cet impact, que ce soit de la colère, de la tristesse, une respiration saccadée,..., qui est laissé libre d'être là, qui n'est pas fui, qui n'est pas changé. Et tant pis si cela ne correspond pas à l'image habituelle du "chemin", il ne s'agit pas d'une ligne droite : chaque nœud psychologique mis en lumière est surprenant et remet tout en question, même si c'est temporaire.

Mais encore une fois, ce n'est pas moi qui décide de ne rien changer, cela me saute aux yeux comme une évidence à un certain moment auquel je n'ai pas trouvé de cause particulière. Parfois, mais pas toujours, cela se produit à la suite de la révélation d'un nœud psychologique qui m'a fait plonger avec force dans la projection. C'est un peu comme quand je mange trop de chocolat, au bout d'un moment je suis un peu écœurée par le chocolat. Idem avec le vécu projeté : quand cela a été très fort, au bout d'un moment la projection perd de son attrait.

Mais même pour le "rien à changer", il ne s'agit là, de toute façon, que d'une étape ou d'une béquille dans mon vécu, avant le vécu d'arrière-plan. L'arrière-plan est en amont de la pensée, en amont de l'acceptation. La question de l'acceptation ne se pose plus à ce moment-là, elle n'a tout simplement pas de sens. Même si l'instant d'avant, il y avait de l'agitation mentale, l'instant d'après, l'arrière-plan habité ne mentalise pas.




vendredi 27 mai 2011

Le coeur et la peur

Le vécu dominant en ce moment est une ouverture quasi-permanente, ressentie notamment au niveau du cœur. Il y a une détente intérieure qui se traduit par un relâchement de muscles que je n'avais pas remarqué que je crispais continuellement sans nécessité.

J'agis dans le monde, je fais mes courses, je travaille, je mange, tout continue normalement... mais à l'intérieur, il y a comme une transparence, ça se laisse traverser, pratiquement sans faire obstacle. Et dès que ça fait obstacle, les crispations du corps sont tout de suite vues, avec une certaine surprise.

Cette ouverture ne s'est pas faite sans heurts. Il y a eu des moments très douloureux et je devais faire des exercices de yoga pour que la pression se relâche au niveau du cœur. Cela oscillait entre une très grande ouverture accompagnée d'une très grande douceur à la douleur au niveau du cœur avec fermeture. Cela s'est stabilisé dans un entre-deux bien que de temps en temps, il y ait de nouveau des poussées douloureuses.

Récemment, un nouveau nœud a été mis en lumière. Le cœur n'était plus ouvert en continu. Puis, ce qui me tracassait a cessé de me tracasser, ça a lâché d'un coup et j'ai tout de suite senti la détente intérieure prendre place et le cœur s'ouvrir.

Ce vécu d'ouverture, depuis février, d'abord en alternance puis de façon assez continue, a succédé à un vécu de peurs et d'angoisses assez fortes mais non justifiées. Aujourd'hui, il y a beaucoup moins de peur (la détente ne semble pas possible quand la peur est là). Et c'est extrêmement agréable d’aborder les autres et le monde sans cette peur. C'est très fluide.

L'arrière-plan est moins là depuis que ces vécus se sont manifestés. Il revient de temps en temps. L'arrière-plan, tel que je l'ai décrit dans d'autres messages, me semble prendre son origine au niveau de la tête avec un recul intérieur et une grande détente puis, très vite, l'idée d'une localisation n'a pas de sens.

Le vécu que je décris ici est littéralement une sensation d'ouverture qui prend son origine au niveau du cœur. Et ce n'est pas le même vécu que l'arrière-plan. Il y a de la douceur, comme une tendresse...

Il y a aussi, par moments, une impression d'englober le monde.

dimanche 3 avril 2011

Christian Simard : Le Soi et le coeur

Presque tous les aspirants à la Réalisation pensent qu’elle est affaire de coeur.  Mais il n’en est rien.  Le coeur n’a absolument rien à voir avec la Réalisation.  Parce que c’est une réalisation justement.  Un constat.  Oh! c’est comme ça.  Knower of Reality.  Parce que je sais. Parce que je vois.  Pas parce que j’éprouve. Pas parce que je ressens. 

Quand l’Éveil à la Réalité se produit, je t’ai dit que le constat est : Oh, I alone is.  Je seulement est.  Le monde existe et s’active en Moi.  Quand je te dit que c’est bouleversant, je ne te dit pas que le coeur est bouleversé.  En fait, il réagit à peine.  Moins qu’à une surprise d’anniversaire.  Il n’y a pas d’émotion au sens qui nous est familier.  Événementielle.  Parce qu’il n’y a pas d’événement.  Mais l’intellect lui est totalement pulvérisé. La compréhension de je et du monde bascule.  Pas ma personne, pas le monde. Il ne se passe rien là.  Il n’y a aucun événement nouveau.  Il y a une connaissance nouvelle.  Avant je me ‘voyais’ dans le monde, et maintenant je ‘vois’ le monde (incluant ma personne) en Je. L’ajustement à la surprise intellectuelle prend un certain temps.  L’habituation au nouveau savoir vécu, ‘vu’.

Le coeur appartient à la personne.  Il n’a pas accès au Soi.  Tout comme le corps, les sens, le mental et l’intellect rationnel familier.  Ce sont des outils utilisés par la personne pour interagir avec le monde.  Le coeur et les autres parties de la mécanique de la personne sont dans le monde et participent au monde.  Avant, pendant et après la Réalisation.  Il ne se passe rien là.  Ce qui éclos, ce qui s’active, c’est une faculté jusqu’ici dormante, l’intellect supérieur.  Qui lui a accès au Soi. Il est une interface personne-Soi. La Réalisation est une discrimination intellectuelle.  Une connaissance.  Un su.  Je sais qu’en te disant intellectuelle, tu vas reférer à ton habituel intellect rationnel et penser que c’est une déduction, une notion, un concept qu’il se crée, mais je ne peux pas le dire autrement. Discrimination intellectuelle parce qu’aucun organe perceptif individuel n’y participe, mais puissamment vécue. Et cette réalisation de l’intellect supérieur n’influence pas la personne.  En tout cas, disons qu’il ne la transforme pas subitement.  Il la place à sa place, dans le monde, et les deux en Je.  Je réalise que Je véritable est hors monde, hors de la matérialité cosmique.  Je réalise que Je est de nature spirituelle,  intemporel et non-changeant, non-spacial et contenant toute la matérialité cosmique connue (tout ce dont ma personne est consciente de et seulement).  Je est su et ‘expérimenté’ libre de l’univers changeant et forcément mortel qui inclut ma personne, à laquelle je m’identifiait.  Muktananda.  La joie de la libération. C’est la Grande Séparation primordiale. 

Il est facile de décrire cette séparation primordiale, l’état d’Illumination, car c’est une expérience objective, commune et identique pour tous.  Mais parler de la personne, de ses qualités ou de ses actions ou de leurs modifications est extrêment difficile.  Et de plus, ils varient d’une personne qui a réalisé le Soi à une autre. Ce sont des modifications personnelles et subjectives.  Autrement dit Je seulement est, l’univers existe en Je est l’exprérience commune, objective.  Le comportement de la personne éveillée à cette réalité et se constatant en Je, est une expérience subjective, variable d’une personne à l’autre.  On peut parler du Soi et de la relation entre le monde et le Soi,  de la non-action (Je) et de l’action dedans. Mais définir, analyser l’action (karma) qui se passe dans le Soi est impossible, parce qu’insondable.

Les descriptions du Soi et de la Réalisation du Soi que tu peux retrouvesr dans les textes anciens, ou que je te fais, pourquoi les fait-on?  Il n’est pas possible de vraiment les comprendre à moins de vivre cet état.  Elles ne sont pas faites pour amener l’expérience (quoique qu’elles aident un peu), elles sont faites pour confirmer l’expérience à celui qui commence à la vivre.  Elles sont faites pour celui qui vient d’arriver.  Or tu ne trouveras pas dans les textes anciens de descriptions du fonctionnement du coeur avant et après la Réalisation du Soi.  (J’ai beau chercher dans mon expérience, j’arrive toujours à du subjectif.  Du personnel non nécessairement règle). Parce qu’elles ne peuvent pas confirmer l’expérience de la Réalisation.  Elles appartiennent à la personnes et sont totalement subjectives. 

Alors, on dit de rester reposé, de méditer pour ce faire.  D’entrer en contact avec le silence intérieur et de le garder le plus possible.   On dit de garder son coeur le plus en paix possible dans un milieu le plus évolutif possible, de lui faire faire le bien le plus possible et de lui faire pardonner le mal le plus possible (pour ne pas le conserver dans le coeur inutilement).  Et qu’à l’impossible, nul n’est tenu.  De l’écouter surtout car c’est un bon guide.  Et, en attendant sa perfection, de prendre ses fluctuations comme elles viennent.

Mais ceci, on peut dire :

Après la Réalisation, il y a Je immuable et en Je immuable, ma personne et le monde changeants.  Je on dit Soi, et le monde incluant ma personne, on dit non-Soi.  Les deux ne sont pas constatés se touchant.  Séparation primordiale.

Il y a maintenant deux relations en ce qui concerne le coeur, dont la fonction est d’unir..  Le coeur est l’outil de la première relation, celle de l’union de ma personne avec le monde.  On est familier avec celle-là.  Réconcilier la personne avec le monde.  Elle existe avant et elle continue d’exister après la Réalisation.  Elle est changeante.  Elle évolue bien sûr.  Mais pas de façon linéaire.  C’est l’amour individuel.  Préférentiel.

Après la Réalisation, apparait un amour nouveau genre, absolument impossible à comprendre à moins de le vivre.  C’est l’amour universel. 

Lorsqu’’apparait’ le Soi, contenant du connu cosmique, ce connu est expérimenté comme étant très très secondaire par rapport à la réalité du Soi.  Non-signifiant.  Ce n’est pas qu’il devient moins signifiant que la signifiance qu’il a dans la vie quotidienne familière, il n’y a pas perte de signifiance là.  Tout continue comme avant.  L’amour individuel préférentiel continue comme avant.  C’est que la signifiance, la réalité du Je contenant immuable est infiniment plus puissante. 

Dans l’état de conscience du Soi, le connu est constaté en Je.  Le mot en est à prendre littéralement.  Dedans.  C’est ressenti par le coeur.  Pas tel ou tel événement, pas telle ou telle personne, pas tel ou tel environnement dans le connu.  Le connu au complet dans Je est ‘aimé’ en bloc indifférencié, du simple fait qu’il est en Je.   Mother is at home.  Je est comme la mère porteuse de l’univers en perpétuelle gestation.

Ce n’est pas un flot d’amour personnel comme on l’entends.  Émotif.  Comme dans ‘j’aime’.  C’est très différent.  Et nouveau.  Beaucoup plus silencieux, calme, large, doux.  Et beaucoup plus signifiant.  Mais sans émotion personelle ‘j’aime’.  Faut le vivre pour comprendre.

Ce n’est pas une joie événementielle familière.  Ce n’est pas un éclatement émotif événementiel.  C’est une joie très très douce et silentieuse, très très très délicate.  Invisible je dirais aux yeux des autres.  Y a pas de flot ‘j’aime’.  Par exemple, ton enfant t’apportes son bulletin scolaire et tu ressens une grande joie en voyant ses notes.  C’est un événement.  Tu ressens un flot de joie événementielle émotive.  Quelques semaines plus tard, ton enfant joue au salon.  Tu le regardes de loin en silence.  Tu le contemple. Tu sais qu’il va bien à l’école et partout ailleurs.  Tu ressens une joie ‘intellectuelle’.  Basée sur un savoir, non pas sur un événement.  Ton coeur participe bien sûr.  Ce n’est pas uniquement dans ta tête.  Mais ce n’est pas une émotion événementielle, c’est beaucoup beaucoup plus doux et silencieux.  

La joie intellectuelle, quoique beaucoup plus douce et silencieuse, est toujours beaucoup plus profonde et puissante que la joie émotive.  Regardes, il y a partout dans le monde des gens qui acceptent de souffrir émotivement pour conserver leur joie intellectuelle.  Leurs principes, leurs sens du devoir, etc. etc.

Alors il y a coexistance de cette joie primordiale constante de savoir, de voir (c’est vraiment vu et ressenti comme ça) que tout ce qui existe est en Soi intemporel et immuable et la joie événementielle fluctuante de la personne.  La première est beaucoup plus silencieuse et profonde et la seconde pleinement vécue comme avant, mais secondaire en regard de la première.  Il se peut qu’il y ait coexistance joie primordiale-joie etc, mais aussi joie primordiale-tristesse etc.  La joie primordiale est mer béate d’acceptation totale (ce n’est pas flots j’aime) et la joie et son contraire, j’aime et je n’aime pas, flots changeants à la surface, incapables de faire bouger la profondeur. 

En conscience du Soi, cette séparation primordiale Soi-non-Soi constitue un bug.  Ce n’est pas un bug créant la moindre friction, mais néammoins c’est un bug.  Intellectuel.  Comment le monde matériel, solide, tri-dimentionnel, changeant, mortel, peut-il exister en Je immatériel, non-changeant, non-spacial et intemporel?  Ça ne se peut pas. 

Le coeur va commencer à réconcilier, réunir la séparation qui ne se peut pas.  Il va commencer très lentement à s’ouvrir aux, à évaluer les niveaux de plus en plus subtils de la matière, beaux, lumineux, grandioses, pour éventuellement voir Dieu en toutes choses d’abord, puis réaliser ultimement que le non-Soi n’est rien d’autre que du Soi.  L’amour universel portera le coeur à des niveaux d’amour inimaginables au commun des mortels.  L’individu deviendra l’amant de Dieu vu partout (conscience de Dieu), puis Dieu sera finalement constaté (par intellect supérieur – le bug intellectuel est résolu) comme étant rien d’autre que Je (conscience d’unité).

TON EXPÉRIENCE

‘Quand il est ouvert, il y a une grande douceur et, quoi qu'il se passe, je ne suis pas perturbée par les évènements.’  Ce que tu décris est de l’amour universel.  

C’est comme on a discuté précédemment.  Tu ‘entres en contact’ avec Je, mais tu n’es capable de le ‘conserver’ que quand ton mental est apaisé.  Ce n’est pas encore Je pleinement constaté en toutes circonstances d’activation voir d’agitation mentale, mais il est néammoins ‘vaguement’ là.  Seulement il n’est là que quand ton mental est calme. L’amour universel est acceptation et appréciation, pas flots préférentiels de ‘j’aime’.  Mais avant la pleine Réalisation ça ne dure pas.  Soit qu’arrive dans ta scène un événement qui perturbe suffisamment ton mental pour te faire perdre l’expérience du Soi, soit un relâchement de tension intérieure, un conflit intérieur.  Le mental est soudainment perturbé par des pensées etc et le coeur se referme.  Les deux se referment. 

Ce n’est pas à cause de ton coeur que tu n’es pas perturbée par les événements, c’est à cause de Je présent.  C’est parce que Je n’est pas, n’est jamais perturbé par les événements (Free from Action), c’est parce que tu es réfugiée en Je immuable, imperturbable, que ton coeur accepte et apprécie tout.

Lorsque Je est pleinement réalisé en tout temps, aucun événement dans la scène ne peut en masquer ‘l’expérience’.  Le coeur peut alors pleinement faire son travail.  Apprécier le monde tel qu’il est, subjectif en Je contenant immuable du monde.  Ça va conduire lentement à la conscience de Dieu.

Note que quand je dis aucun événement, ça inclut forcément des événements malheureux.  C’est ça qui est à peu près impossible à comprendre pour ceux qui n’ont pas réalisé le Soi ou en voie de le faire.  La personne subit et vit totalement l’impact de l’événement malheureux, totalement, mais l’amour universel primordial plus profond demeure non-affecté.  Je est libre du karma, mais pas la personne et son monde.

Ton enfant casse ton beau et cher vase Ming.  Mais c’est ton enfant.  Mother is at home.

Christian Simard


vendredi 25 février 2011

Le libre écoulement de la vie

J'aurais pu donner le titre "Simplicité" à ce message parce que j'ai l'impression qu'il y a de plus en plus de simplicité dans ma façon de vivre. Cela se répercute notamment sur les 3 temps.

J'ai de plus en plus de difficultés à me projeter dans le futur. Je me fais moins de sketches sur ce qu'il pourrait se passer ou non (de toutes façons, rien ne se passe jamais comme je l'avais imaginé). Il y a peu, quelqu'un m'a demandé un service à lui rendre dans 2 ans et j'étais incapable de m'engager : je ne sais déjà pas ce que je ferai dans une semaine alors dans 2 ans, quand j'essaye d'y penser, il n'y a que du vide, un tableau blanc.

L'impact du passé diminue parce que j'observe une moins grande réactivité émotionnelle mais il reste des choses puisque des peurs s'élèvent. Ces derniers temps, j'étais retombée dans le piège mental que si j'accueillais toutes mes peurs, la réalisation serait là. Mais tant qu'il y aura croyance d'être ce corps-mental, il y aura des peurs, les 2 sont indissociables. J'oublie que la non-peur est une conséquence de la réalisation et non sa cause.
Chercher un souvenir est parfois difficile, j'ai l'impression de ne plus connaître le chemin pour y accéder. C'est un peu comme quand j'arrête d'aller dans un endroit même s'il y avait une habitude d'y aller souvent ; le jour où je veux y retourner, j'ai du mal à retrouver le chemin.

Dans l'instant présent, laisser la vie s'écouler librement sans entraver son mouvement, sans faire obstacle... Un peu comme un cours d'eau auquel je ne chercherais pas à faire faire des tours et des détours mais qui serait laissé libre de suivre le chemin le plus naturel pour lui. Ce n'est pas quelque chose que je choisis de faire, mais cela s'impose : une moindre intervention par rapport au cours des choses. Et j'ai de plus en plus de mal à comprendre quand je vois des personnes essayer de forcer l'issue d'un évènement ou faire des plans sur la comète...

Les actions

Récemment, pendant des courses dans un supermarché, mon attention s'est fortement portée vers un aliment que je n'avais jamais acheté ; je ne voyais que lui dans le rayon où j'étais. Je l'ai acheté et je m'en félicite car il a résolu un souci de santé que j'avais. Ce jour-là, j'ai fait une bonne partie de mes courses pratiquement sans réfléchir : je prenais ce qui me tombait sous les yeux dans les rayons où j'aurais normalement du faire un "choix". Quel gain de temps ! Et je suis tombée juste par rapport aux goûts de ma famille à chaque fois. C'est seulement au rayon viande que j'ai eu des doutes (je n'en mange pas). Mes yeux s'étaient portés vers un premier choix que je n'ai pas osé suivre. J'ai eu des doutes et j'ai laissé le mental comparer, évaluer... et j'ai mal choisi.

Tout est clair tant que le mental ne s'en mêle pas. Dès que le mental rentre en action, c'est comme si je remuais la vase du fond de l'étang qui était très clair, reposé au départ. Et une fois que l'eau est bien boueuse, j'ai peu de chances de tomber juste, j'y vois moins clair.

Les situations

Il y a quelques jours, je me suis retrouvée avec une personne proche qui venait d'être confrontée à quelqu'un de très désagréable, ce qui l'avait énormément perturbée et mise en colère. La colère des gens, même quand elle n'est pas dirigée contre moi, entraîne, en général, une douleur au niveau du cœur, au centre. J'ai commencé à ressentir cette douleur et j'étais sur le point de demander à cette personne de cesser de revivre et de nourrir sa colère quand j'ai senti une détente physique s'installer en moi. La douleur a disparu et il y a eu comme un frémissement d'ailes de papillon au niveau du cœur. Je n'ai pas cherché à me détendre, c'est juste ce qui s'est manifesté à ce moment là. Je me laissais traverser par ce que disait et ressentait la personne, transparente, comme si rien n'accrochait.

D'ailleurs, je remarque de plus en plus que les émotions des autres amènent une énergie vibrante plus que de la douleur. Avant, me promener dans les rues d'une ville m'était douloureux, je ressentais les émotions des personnes présentes dans les maisons devant lesquelles je passais, idem dans les restaurants,... aujourd'hui, plus il y a de monde, plus j'ai l'impression d'être immergée dans un bain vibratoire. Ca vibre et il n'y a pas de douleur.

 Les tensions physiques

Quand il y a une tension dans le corps, l'idée n'est pas de la détendre mais plutôt de la laisser libre d'être là. Si je personnalisais la tension à ce moment-là, c'est comme si elle se disait : " Chouette, je peux faire ce que je veux, je suis libre". Cela me fait penser à un enfant auquel je tenterais de faire faire quelque chose dont il n'a pas envie et qui se calme dès que je cesse de le forcer. Le plus drôle avec la tension, c'est que lorsque je cesse de vouloir la détendre et que l'espace lui est laissé pour être, en conscience,... elle se détend assez rapidement.

 La respiration

C'est pareil pour la respiration. J'ai tendance à préférer la respiration ventrale, ample et calme. Ce qui fait que si je suis un peu essoufflée, je vais tenter de modifier, de calmer ma respiration, en oubliant que si le souffle est court c'est qu'il y a une raison (et peu importe laquelle). Dès que je cesse d'essayer de contraindre la respiration, elle se détend d'elle-même pour devenir très légère, presque imperceptible.

Les pensées

Idem pour les pensées. J'ai tendance à refuser certaines pensées ou, au contraire, à en apprécier d'autres. Mais quand il y a cet espace d'accueil ouvert qui est là, c'est comme si je fondais dans la pensée, comme si je disparaissais pour lui laisser toute la place. Un peu comme le propriétaire d'une maison visitée par des voleurs qui leur dirait : "Prenez tout, rien n'est à moi".

Lors d'une méditation en groupe ces derniers jours, il y a eu une pensée du style : "Vivement que je sorte d'ici, que je puisse penser à ce que je veux". Et, d'un coup, cela m'a frappé : que je n'avais pas besoin de sortir de cet endroit,  et que les pensées, quelles qu'elles soient, étaient libres d'être là. Et le sentiment de contrainte s'est amenuisé, les tensions physiques ont diminué. C'était le conflit avec la pensée le problème, pas la pensée.

Quand la pensée est laissée libre, le corps et la respiration se détendent. Il y a une forte impression de transparence, d'absence de frontière entre "moi" et la pensée. La sensation du moi corps-mental est plus vide. Je fais moins obstacle car "je-corps-mental" est moins trouvé.




samedi 29 janvier 2011

Légèreté

En lisant des commentaires et en y répondant, je me suis rendue compte que les souvenirs de ce qu'était la nuit de l'âme m'avaient quitté. Je ne peux pas, spontanément, dire quels en sont les "symptômes", dire de quoi il s'agit. Quand j'essaye de m'en souvenir, j'ai l'impression que c'est comme quand je cherche à me rappeler d'un rêve alors que son contenu m'échappe. Rien ne me vient.
Par contre, quand je lis un commentaire de quelqu'un qui est dans ce vécu, je sais qu'il ou elle est en pleine "nuit de l'âme". C'est comme quand j'ai oublié l'air d'une musique et que quelqu'un me la chante, je sais instantanément que c'est ça.

Tout cela pour dire que je n'ai plus le sentiment d'être dans cette nuit de l'âme. Depuis que le dernier "gros nœud" s'est dénoué (mi-décembre), il y a une légèreté dans mon vécu. J'ai quand même attendu de voir si cela durait avant d'en parler ;-). Mais de la même façon que j'ai bien fait d'écrire sur le sujet de la nuit de l'âme quand j'étais encore dans ce vécu car je ne serais plus capable de le faire aujourd'hui, il me semble intéressant de décrire ce qu'il se passe en ce moment, que ça dure ou non.  

J'étais capable de reconnaître 3 gros nœuds émotionnels accumulés dans ma vie et deux d'entre eux se sont dénoués l'année dernière. Depuis mi-décembre, période à laquelle s'est dénoué de 2ème nœud, je me sens bien et je pensais que c'était du à l'effet des aperçus mais là, cela fait un peu trop long, il y a autre chose qu'il se passe, je pense. Cela ressemble à un vécu d'après aperçu mais qui dure.

Cette légèreté s'est d'abord traduite par un lâcher prise beaucoup plus facile, presque moins brutal.
Exemple : il y a trois semaines, au cours d'une dispute avec mon mari, il m'a dit qu'il culpabilisait à propos de cette dispute et que ce n'était pas drôle. Je lui ai répondu que si, que c'était une satisfaction pour moi qu'il culpabilise. Et je ne me suis pas jugée de ressentir cela, il n'y avait ni orgueil ni culpabilité de voir cette satisfaction, j'ai juste reconnu ce qui était là. J'avais à peine fini de le dire que je me suis rendue compte que je ne faisais plus la tête, je me sentais bien. Et mon mari l'a tout de suite vu, il m'a dit : "oh toi, tu vas mieux". Et c'était effectivement fini, j'avais complètement lâché sur l'objet de la dispute, y repenser ne me stressait plus.

C'est comme si la couche de nuages étaient moins épaisse, du coup le décrochage paraît moins brutal. Par contre, appeler encore ces décrochages des aperçus me semble un peu curieux, je préfère parler de lâcher-prises.

J'avais entendu dire à plusieurs reprises qu'après le premier aperçu, les aperçus allaient être de plus en plus longs jusqu'à devenir permanents mais ce n'est pas du tout ce qui se passe en ce qui me concerne. J'ai plutôt l'impression que c'est le vécu entre les aperçus qui devient de plus en plus léger, comme s'il se mettait petit à petit à niveau avec les aperçus.

En ce moment, je vois les situations ou les paroles qui, auparavant, auraient laissé un impact. Je les vois mais elles ne me font pas ruminer. La pensée concernée va revenir plusieurs fois mais c'est comme si, à chaque fois qu'elle revenait, elle glissait de plus en plus vite sur "moi". J'ai l'impression d'être comme une poêle téfal : je n'accroche plus ;-). En tout cas en ce moment.

Par exemple, hier soir, mon fils (adolescent, je précise ;-)) me fait une critique pas sympa. Je ne sais même plus ce que c'était, c'est pour dire comme ça m'a marqué. C'était quand même le genre de critique, qui, il y a peu, m'aurait fait monter sur mes grands chevaux. Mais là, je regardais : pas de réaction. Le plus drôle, c'était de voir mon fils, non seulement arborer un air gêné d'avoir laissé échapper une telle critique mais également se préparer au tsunami qu'il pensait que j'allais déverser sur lui. Je n'ai pas pu m'empêcher de le taquiner en lui faisant remarquer qu'il avait l'air gêné et il m'a fait une bise comme il fait quand il m'a blessé et que j'ai mal réagi, sauf que là, il n'y a eu aucune réaction.

Je vais aussi parler du rapport avec le mental parce qu'il est en train de changer et je risque d'oublier également. Jusqu'à il y a quelques jours, le décrochage du mental me donnait une impression de mini-réveil. Comme quand je suis prise par la lecture d'un livre et que je m'arrête d'un coup. Ou quand je regarde un film et que, d'un coup, ce n'est plus possible de continuer à regarder ; et ce n'est pas qu'il y a des scènes insoutenables, mais je décroche. Quand cela arrive, je me lève et je vais me coucher alors que mon mari, tout étonné, me dit "Mais le film n'est pas fini !". C'est pareil avec les histoires que se raconte le mental, quand il est vu que ce ne sont que des histoires, des films que je me fais, ça décroche. Et il n'y a pas de commentaires derrière. C'est vu, c'est décroché, c'est fini. Je n'ai pas besoin de me dire : "oh là, je suis en train de penser à un sujet qui ne m'intéresse pas donc je vais m'arrêter". Non, c'est tranché instantanément.
Le retrait du mental est plus installé en ce moment, je peux donc moins parler de décrochage mais plutôt de poêle téfal : les pensées accrochent moins.

Ces derniers jours, il y a aussi quelques vécus particuliers par flash. Pendant quelques instants, je vais avoir une sensation d'immobilité avec l'impression que tout bouge sauf moi. C'est un peu comme quand je regarde un film où la caméra est embarquée dans un charriot qui dévale une pente à grande vitesse : il y a une impression d'immobilité de là où je suis et que c'est tout le reste, le paysage, qui bouge.

vendredi 21 janvier 2011

L'arrière-plan

 Le vécu ou ressenti d'arrière-plan, tel que je le vis, est une impression de recul "intérieur", une impression de me "retirer du mental".

Physiquement, il y a des ressentis au niveau des yeux, de la tête et du corps.

Au niveau des yeux : il est pris conscience d'une tension dans les yeux, d'une force qui est là et qui pourrait presque les faire sortir de leur orbite vers l'avant. Le vécu d'arrière-plan entraîne une détente dans les yeux et dans le regard qui n'est plus concentré en un point mais qui s'élargit. Et quand cette tension dans les yeux diminue, cela donne l'impression que les yeux reculent dans leur orbite. J'habite mes yeux, je rentre à la maison.

Au niveau de la tête : c'est comme si les yeux continuaient à reculer dans la tête. Il peut y avoir un ressenti à la base du crâne, à l'arrière de la tête. Il y a une impression de vide, que de là où part le regard, il n'y a rien.

Au niveau du corps : la sensation du corps semble "se retirer" de la face avant de celui-ci vers l'arrière. Et il y a une grande détente du corps à ce moment-là. Si je suis debout, il peut y avoir une conscience d'être bien posée sur mes pieds. Il peut y avoir un ressenti de transparence, de perte des limites du corps.

Au niveau du mental, il y a un désintérêt pour l'histoire qu'il se raconte à ce moment-là et il y a cette impression de se retirer du mental. 

Et l'instant d'après, je suis de nouveau scotchée au mental, la tension dans les yeux et le corps est de nouveau là avec la sensation d'être projetée vers l'avant. Mais dès que c'est vu, le recul se fait à nouveau.

Mais il n'est pas nécessaire de FAIRE tout cela (détendre les yeux, la tête, le corps). Il y a comme un rappel de l'arrière-plan et les différents aspects prennent place, j'ai envie de dire, automatiquement.

Cela se produit de nombreuses fois dans une journée. C'est souvent bref même s'il y a eu quelques épisodes de plusieurs heures. Néanmoins, j'ai le sentiment que l'ensemble de mon vécu est de plus en plus teinté par cet arrière-plan. Je ne l'oublie pratiquement jamais, c'est tout le temps là. C'est un peu comme regarder un film au cinéma tout en étant conscient de l'écran sur lequel il est projeté. L'écran, c'est l'arrière-plan à partir duquel les images sont vues.

Le vécu ou ressenti d'arrière-plan est variable, plus ou moins intense, comme s'il y avait des degrés.

Ces vécus ne sont pas nouveaux car tout le monde connait la détente des yeux, de la tête et du corps. Et pourtant, le lâcher-prise n'avait pas du tout, auparavant, l'intensité qu'il peut avoir aujourd'hui. Quelque part, j'ai l'impression que ce mouvement de recul, je le fais depuis longtemps et cela m'est arrivé notamment à l'époque où je faisais des pratiques méditatives. Mais cela n'allait pas "très loin".
Au niveau du corps, cela me donnait une impression de légèreté, comme si je flottais. C'est seulement depuis qu'il y a eu le premier aperçu que ce vécu s'est intensifié, approfondi, et cela n'a rien à voir avec une impression de flotter ;-).
Au niveau du mental, il y avait parfois des expériences de calme mental mais cela n'a rien à voir non plus avec le vécu d'arrière-plan. Ce n'est pas que le mental se calme mais que je me retire du mental, que je prends conscience que je ne suis pas le mental. Je pourrais parler de saut quantique entre le vécu de "témoin" avant et après le premier aperçu : c'est à dire qu'il ne s'agit pas, de mon point de vue, d'une progression depuis le calme mental vers le fait de se sentir retirée du mental. Il y a carrément un changement de gamme. Avant, il fallait que le mental se calme pour que je me sente calme. Aujourd'hui, que le mental soit calme ou non, je suis calme.

Quand je viens de rencontrer ou de communiquer avec une personne réalisée, ce vécu d'arrière-plan est très présent, se fait plus souvent, l'abandon est plus 'grand', dure plus longtemps parfois.

Puis, après quelques jours, l'intensité du vécu d'arrière-plan diminue. Pendant une longue période, je n'ai pas apprécié cette diminution, qui finissait par une perte complète, et je retournais voir un réalisé 1 ou 2 fois par semaine. J'étais accro, je peux même dire dépendante de la présence d'un réalisé. Et puis, un jour, je n'ai plus eu envie d'aller voir des réalisés et après m'être éloignée suffisamment longtemps, je me suis rendue compte que, même s'il y avait une diminution de l'intensité du vécu d'arrière-plan, il ne disparaissait plus pour autant : c'était moins fort mais c'était toujours là. Et c'était "ma" propre capacité à vivre et à habiter l'arrière-plan, non amplifiée par la présence d'un réalisé. Il y a une joie d'avoir trouvé cette autonomie, qu'il n'y ait plus de dépendance vis à vis de quelque chose d'"extérieur". Les rencontres et les échanges écrits avec une personne réalisée sont toujours une joie mais je ne les vis plus comme un besoin.

Quand il y a un aperçu, cela se passe si vite que j'ai rarement le temps de "voir" les aspects décrits plus haut avant l'aperçu mais il m'est arrivé de les voir. C'est comme si, dans ce cas, le recul se faisait suffisamment loin, complètement.



lundi 17 janvier 2011

François Mocaër

J’ai la conviction que le moi est un mensonge existentiel, mais d’un autre côté cela ne peut pas être autrement.
Cette contradiction n’est qu’une apparence. Il y a un ressenti au-delà des mots.

J’ai l’impression que les êtres ne peuvent pas être autrement que ce qu’ils sont. Moi aussi je ne peux pas être autrement que ce que je suis.
Je crois que tout vient de ce silence qui est plus qu’un silence, de cette part d’insondable qui est la nature ou la lumière de l’être

Le matin, dans le RER, je me sens vivre en arrière. L’ego est là bien sûr, mais à la fois il n’est plus là. Je le sens mais il n’est plus moi. Il est ce qu’il est.
C’est comme si j’avais un trou en moi, mais un trou plein.

François Mocaër 

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Réfléchir ou ne pas réfléchir

Il n’est pas nécessaire de réfléchir pour faire quoi que ce soit. Même pour faire un exercice de physique, la réflexion n’est pas nécessaire...