jeudi 14 avril 2022

Supramental 3



 Le mental ordinaire est une expérience pour ressentir des émotions, malheureusement c’est souffrant car on est voilé, on a une compréhension limitée qui permet justement les émotions. Ces émotions nous ont fait fabriquer un lourd bagage mémoriel qui nous étouffe de pensées en retour car il est associé à de nombreux stimulus. 

A un certain point dans notre vie, n’importe quel évènement, un rayon de soleil, une goutte de pluie, un bruit, une odeur, vont réveiller une mémoire liée à une situation émotionnelle dans laquelle il y avait la même odeur par exemple. Donc des pensées mémorielles vont affluer sans arrêt.

On a perdu toute liberté car les pensées décident pour nous, nous emmènent là où on ne veut pas aller, dans toujours plus de réactions, toujours plus d’émotions, toujours plus de souffrance. Le voile s’épaissit, l’ignorance aussi.

C’est la condition humaine, on tourne en rond, dans une spirale descendante que certains appellent l’involution.


Explorer nos modes de fonctionnement, les décortiquer pour nous en libérer, amener toujours plus de compréhension dans tout ce qu’on vit en observant, permet de trancher notre affinité avec les mémoires émotionnelles concernées. 


Au début, on comprend après la réaction, puis pendant la réaction, puis avant donc pas de réaction. Puis les situations récurrentes pour lesquelles on a compris ce qui en était la cause arrêtent de se produire ou se produisent de plus en plus rarement.


Qu’est-ce que cache l’émotion face à une situation ?A quoi elle nous renvoie en nous, qu’est-ce qu’elle nous apprend sur nous ? Et ce sont des couches multiples qui sont à soulever.


Avec les élections en ce moment, il y a une peur d’aller vers toujours moins de liberté. 

Ce qui me renvoie à ma condition où j’ai peur de partir refaire ma vie dans un pays plus libre si tant est que cela existe encore. 

Mais si je creuse encore, il y a la peur de perdre une certaine liberté en habitant le mental supérieur. 


Et il est bon d’examiner de quelle liberté on parle. De quoi sommes-nous plus libres dans le mental ordinaire par rapport au supramental ?


Avec le mental ordinaire, on est très focalisé sur un point, c’est la projection de conscience. Cela ne nous permet pas de voir la totalité du tableau et nous prenons des décisions à partir d’une information partielle donc ces décisions ne sont pas justes et créent des problèmes. 


On a une illusion de libre arbitre qu’il convient de pourfendre. Tant qu’on est dans la réaction, on ne décide de rien et on regrette après coup notre réaction. 


Sommes-nous libres dans le domaine de la pensée ? Essayons donc de nous défaire du refrain d’une chanson qui tourne en continu dans « notre tête ». 


De quelle liberté parlons nous quand nous remarquons qu’il est impossible d’être sans pensées mais surtout que nous sommes entraînés par elles, même quand nous souhaitons méditer. Rappelons-nous que la méditation, ce n’est pas être sans pensées, c’est sans cesse revenir à soi quand des pensées nous entraînent dans leur sillage. Avons-nous la liberté d’être sans pensées ? Non. 


De quoi sommes-nous libres dans le mental ordinaire ? La seule marge de manœuvre que je vois, c’est de réaliser que nous ne sommes pas libres, que nous sommes esclaves de « nos » pensées.














mardi 12 avril 2022

Supramental 2



 L’esprit a toujours été là tout au long de nos existences. Les mémoires qui l’étouffent perdent petit à petit de leur pouvoir hypnotique. Nous sommes l’esprit qui s’est voilé à cause des pensées et des mémoires. L’ego n’a jamais existé. Nous développons des personnalités et y croyons, par ignorance.


Je ne suis pas mon nom, je ne suis pas une femme, je ne suis pas un être humain, je suis l’esprit qui anime ce corps. Je ne suis pas mes pensées qui ne viennent pas de moi, je ne suis pas mes mémoires forgées à partir de pensées fausses et de réactions programmées. 

La programmation est devenue de plus en plus prégnante pour palier aux problèmes dus à notre oubli de qui nous sommes. 

Il faut une programmation pour utiliser le langage car nous avons perdu notre aptitude à la télépathie. Avec la télépathie, pas de mots, l’information transmise est complète sans risque de mal interpréter. Fini les problèmes de communication qui sont presque le symbole de notre société, fini les conflits. 

Il faut aussi tout un conditionnement pour être adapté à une vie non spontanée, non naturelle, dans notre société. Nous ne savons plus ce qu’est une action spontanée, nous sommes en permanence dans la réaction, le moindre stimulus activant une mémoire qui nous pousse dans une direction ou une autre.


C’est comme si on avait perdu la tête, ce monde doit être un asile de fous.

Jesus a dit : « Il y a plusieurs pièces dans la demeure de mon père ». 

Francis Lucille reprend cette citation dans une de ses vidéos et il rajoute : « Peut-être que nous sommes dans le freezer ».


Il y a un changement de perspective dans le vécu. Vivre à partir de l’esprit plutôt qu’à partir de ce corps-mental-personnalité-mémoires. Prendre de la hauteur. Se rappeler qui nous sommes.


Vivre de façon spontanée sans réflexion, parce que c’est ce qui a besoin d’être fait à ce moment-là. Suivre nos élans quand nous sommes centrés, dans le rappel de qui nous sommes.

samedi 9 avril 2022

Supramental




Nous sommes un être etherique faisant l’expérience de l’existence dans la matière. Ce corps dense est coupé de son esprit, ce corps a une densité d’énergie si basse que l’énergie de l’esprit est trop forte pour pouvoir entrer intégralement dans ce corps pour le moment.

Ce corps est protégé de sa partie etherique par un corps astral, c’est à dire un voile constitué de formes pensées venant de la polarisation issue du libre arbitre : c’est la naissance de l’ego.


Cet ego développe une identité illusoire séparée de notre esprit à cause de ce lien avec lui qui est hautement parasité par des formes pensées. Ces formes pensées ont une origine artificielle. Nous avons accepté des pensées venant de l’extérieur en les polarisant. Quand on polarise, on consent de facto à la réalité de ce sur quoi on polarise. 

Par exemple, la propagande médiatique martèle qu’une nouvelle maladie est hautement mortelle et en polarisant, c’est à dire en rentrant dans le débat de la réelle mortalité ou pas de la maladie, on a inconsciemment consenti à l’existence de la maladie en question. 

Et à chaque fois que l’on polarise, on consent, on admet la véracité de l’existence du sujet sur lequel on polarise et on participe à sa création.

Ces formes pensées sont liées aux émotions dues à la polarisation, j’aime - je n’aime pas ( le bien et le mal) : le désir d’avoir ce qu’on aime et la peur de ce qu’on n’aime pas. Ces formes pensées mémorielles, ce corps et les personnalités programmées astrologiquement font de nous des prisonniers consentants, sans aucun choix, perpétuellement en réaction. Il n’y a donc pas de libre arbitre et tout repose sur le grand Mensonge d’origine : notre consentement à la réalité de ce qui expérimenté.

Nous nourrissons ces formes pensées présentes dans notre corps astral aussi longtemps que nous polarisons et que nous avons des émotions. Plus il y a d’émotions astrales, plus on est voilé, plus on dort.


Lorsqu’on prend conscience qu’on tourne en rond, que quelque chose cloche, qu’on souffre dans des situations récurrentes, que tout n’est que mensonges, on commence à se révolter et à se réveiller.


La formation du corps etherique nous amène à la conscience supérieure et se fait au fur et à mesure de l’abandon des croyances. Cet abandon des croyances se fait par des conscientisations. Chacune des conscientisations nous fait toucher plus profondément à la réalité en nous faisant mourir à ce que nous croyons. Chaque conscientisation est une petite mort, il y a littéralement une envie de s’allonger en position fœtale et de mourrir. Même si c’était des idées avec lesquelles on jouait intellectuellement depuis longtemps, se rendre compte que c’est réellement ça est souffrant. Pour prolonger le bénéfice des conscientisations, on peut pratiquer le rappel de ce qui a été vu/su.


Le supramental ou supraconscience ou conscience supérieure est différent du mental ordinaire. Le mental ordinaire est voilé, comme dans un brouillard, à cause de la présence des formes pensées mémorielles. Le supramental est clair, très vibrant, la vibration vient par le haut de la tête. Il est etherique, il n’est pas astral et ne peut cohabiter avec la personnalité car elle est astrale. Il y a communication, une communication télépathique informative lorsqu’on est dans le supramental. Dès qu’il y a une émotion, le lien télépathique se coupe, on retombe dans le mental ordinaire voilé.


Lorsque l’on passe du mental supérieur au mental ordinaire, il y a une impression de retomber dans un brouillard qui ne nous permet pas une vision, une compréhension claire d’une situation. Tant qu’on n’a pas connu autre chose que ce mental ordinaire, on ne se rend pas compte à quel point notre compréhension y est limitée, on est littéralement embourbé. Je pourrais appeler le mental ordinaire, le mental mémoriel émotionnel, le mental astral. Les formes pensées le voilent.


Les formes pensées sont alimentées à chaque situation à laquelle nous réagissons. Les situations récurrentes permettent d’identifier quelles sont ces formes pensées (mémoires émotionnelles) et de les réintégrer en se plaçant dans l’arrière-plan. 

Le mental ordinaire fonctionne à partir des mémoires donc à partir du connu. Et comme le connu est du passé, donc mort, on peut extrapoler que le mental ordinaire ne peut toucher à ce qui est vivant, il ne fait commerce qu’avec ce qui est mort. Il n’est donc pas créateur, il est seulement un comparateur par rapport à ce qu’il sait déjà, un réacteur à tous les stimulus qui vont activer une mémoire.


Qu’est-ce que c’est que cette histoire de 6 eme race ? Cela semble très lié au corps qui est transmuté, dégorgé des formes pensées parasitantes… C’est une autre forme d’expérimentation dans une matière plus subtile avec des lois de fonctionnement différentes.


Lorsque nous expérimenterons la 6eme race serons-nous réunifiés totalement avec notre partie etherique ? Parce que si on n’est plus identifié, existons nous encore ?… il reste une identité avec des caractéristiques et qui n’est plus limitée par cette matière dense.


Qu’est-ce que c’est que cette identité ?… La conscience d’exister, savoir plutôt que connaître à partir de mémoires limitantes qui ne donnent pas toute l’information. C’est la justesse de ce savoir qui va évoluer au fil des vécus dans des densités différentes.


Ne rien croire. Ma compréhension s’affine…

vendredi 11 mars 2022

Pourquoi les aperçus ne durent pas ?




 Je me suis longtemps demandé quelle était la différence entre un aperçu et la réalisation. Francis Lucille l’explique dans une de ses videos « The Revelation of Nirvikalpa Samadhi & The Mudra of Wisdom ». Il dit d’abord que lorsqu’il y a un aperçu, le retour dans la manifestation s’accompagne d’un état de Paix. 

Et je peux confirmer cela car j’ai bien eu ce vécu sur lequel il est difficile de mettre une durée : cela dépend de l’intensité de l’aperçu. Les premiers aperçus, il y a une dizaine d’années, avaient été très intenses puis leur nombre et leur intensité avaient diminué pour se terminer par des micro aperçus repérés parce que d’un instant à l’autre, alors qu’une une émotion était la, ça avait lâché. J’ai vécu à nouveau des micro aperçus récemment, des émotions qui lâchent de façon spontanée et qui me font me demander ensuite comment cette émotion avait pu prendre place tellement le souvenir revisité de la blessure ne provoque plus de réaction, voire m’amuse.

L’état de paix qui accompagne le retour dans la manifestation après un aperçu ne semble pas durable.


Francis Lucille dit ensuite dans la même vidéo que si les aperçus se produisent de façon suffisamment rapprochée, l’état de paix devient permanent et que c’est cela la réalisation.


Je lis des transcriptions et je regarde beaucoup de vidéos de U.G. Krishnamurti en ce moment. À la première vidéo que j’ai regardée de lui, j’ai senti qu’une déconstruction était en train de se faire en moi… 

Et c’est dans ce contexte qu’une réflexion a pris place à partir d’une question qui m’est apparue : pourquoi on ne demeure pas dans le vécu d’Êtreté lorsqu’il y a un aperçu ?


Et c’est là que le lien s’est fait avec la Création. J’avais toujours cru que les récits de création parlaient d’un événement qui se serait produit à un certain moment, il y a très longtemps, et qui aurait été l’origine de La Création…


Il me semble évident aujourd’hui que cette création prend place à chaque instant.

Lors de mes aperçus d’il y a 10 ans, il a été vu que la manifestation disparaissait à chaque instant et réapparaissait l’instant d’après. La manifestation n’est donc pas continue mais discontinue. C’est le même principe qu’un film : le film est composé d’images qui défilent suffisamment vite pour qu’on ait l’impression qu’il y a une continuité. D’après U.G. Krishnamurti, l’illusion de la continuité est due aux pensées.

Dans le vécu de conscience pure, il n’y a pas de pensées, c’est un vécu hors de la dimension de la pensée, on ne peut pas parler et la question ne se pose même pas, la manifestation, notre corps, notre personnage, nos mémoires, ne sont pas là. Donc qu’est-ce qui fait que la manifestation réapparaît et que je suis à nouveau identifiée à un corps-mental ?


J’ai fait le lien avec des textes anciens et des récits d’éveillés qui décrivent l’origine de la création. Ils partent de la conscience pure puis il est question de danse énergétique au sein de la conscience pure, de mouvement d’énergie, de pulsation, de vibration dans un premier temps. Ensuite il est question de son donc du verbe créateur… et ma compréhension aujourd’hui est que ce processus se reproduit à chaque aperçu et c’est ce qui nous projette à nouveau dans la manifestation.


On quitte donc apparemment ce vécu de conscience pure pour venir regarder l’ensemble de la manifestation (qui n’est pas différente de la conscience pure) à partir d’un point, d’un corps-mental. Comme si la conscience pure venait s’amuser à se regarder elle-même dans sa version manifestée à partir d’un point.

Dans ma compréhension, ce point, ce corps-mental, est alors vu comme étant à la fois un projecteur et un acteur de la manifestation. Un peu comme dans une pièce de théâtre, mais on n’est pas seulement un acteur avec un texte à réciter, on est aussi là pour projeter littéralement tout ce qui est manifesté. Il est compris également qu’il n’y a pas de différence entre ce corps-mental, ce point de vue dans lequel il y a une certaine géolocalisation et les autres points de vue (les autres corps-mentaux) dans le sens qu’on est la même chose.

mercredi 23 février 2022

Croyances



Dans le bouddhisme, on entend souvent dire qu’on a des voiles et que ce sont ces voiles qui nous empêchent de percevoir qu’on est conscience pure. Et il me semble que déboulonner des croyances participe à cette levée des voiles. Bien sûr, la croyance la plus importante, la plus ultime, qu’il faudra déboulonner, a trait à l’ego. J’ai été scotchée par une vidéo de Rupert Spira (ego is an activity, not an entity), dans laquelle il dit «ego is just a belief » (l’ego est juste une croyance). 

Déboulonner des croyances aide l’énergie à mieux circuler en moi. Il y a un lien avec les tensions corporelles. Dès qu’on pense, le corps se crispe. Quand je tiens la main de mon mari, je sais tout de suite quand il est parti dans ses pensées parce qu’il se met à me serrer la main de plus en plus fort… 


Je ressens à quel point je suis toute crispée. D’où cette envie de danser, chanter. Une envie de sortir de la crispation engendrée par tout ce à quoi je crois devoir me conformer. Et tout ce à quoi je me conforme, ce ne sont que des pensées, des croyances…


Cela fait au moins 20 ans que je pratique la méditation. Une chose qui m’a toujours surprise, c’est qu’il y a très peu de mouvements dans une salle pleine de méditants. Il y a comme une espèce de norme tacite de non-mouvement. Récemment, en regardant des vidéos de Karl et Marie, je voyais les personnes présentes dans leur salle virtuelle, et eux-mêmes, bouger très souvent leurs épaules et leur bassin par exemple. Et j’ai essayé ! Comme je sens de plus en plus la vibration s’élever en moi quand je place l’ego à l’arrière plan, j’ai expérimenté le fait que bouger souvent les épaules pendant la méditation pour dénouer les tensions fait monter la vibration. A chaque fois !


En ce moment, j’aime bien lire toutes sortes de théories sur la Création, le fonctionnement de la manifestation à différents niveaux,… Le but n’est pas de croire à une quelconque théorie même si certaines résonnent plus que d’autres. Le but est de déboulonner des croyances dont je n’ai même pas conscience. 

Par exemple, on peut sourire à l’idée que l’humain aurait été implanté sur Terre par des civilisations extra-terrestres et que nous sommes une vaste expérience de laboratoire. Il ne s’agit absolument pas d’y croire, mais, si cela nous fait sourire, c’est que, subtilement, nous croyons que nous ne sommes pas une expérience de laboratoire. Et cela, c’est bien une croyance ! C’est une croyance parce que nous n’avons aucune preuve que nous ne sommes pas une expérience de laboratoire à grande échelle… ni que nous en sommes une.


Dans la même veine, on est formaté pour obéir à toutes sortes de règles depuis notre enfance. Et même si les règles deviennent absurdes, on continue à y obéir par habitude, parce qu’on a accepté depuis longtemps que quelqu’un d’autre savait mieux que nous ce qui est bon pour nous. Si une nouvelle loi imposait qu’il faut marcher sur les mains pour avoir le droit de rentrer dans un bar ou un restaurant, combien remettrait cette loi en question ? Peut-être même que seuls ceux qui la remettraient en question seraient ceux qui n’auraient pas la condition physique nécessaire…


À Noël, j’ai reçu un livre de Bernard Weber «  la boîte de Pandore ». J’ai été interpelée notamment par son regard sur la police, sur sa véritable utilité, son utilité pour qui…


Si nous sommes tous Un, alors cet espèce d’égrégore nous influence mais nous pouvons aussi l’influencer, ne serait-ce qu’en prenant conscience de nos conditionnements, croyances, en remettant en question le bien-fondé des règles, en désobéissant à celles qui sont absurdes,…

Jusqu’en 2013, il existait une loi en France qui interdisait  aux femmes de porter un pantalon !!!

mardi 15 février 2022

Libre arbitre



 Qu’est-ce que le libre arbitre ? Il paraît que le libre arbitre définit la condition humaine : une réalité ou une illusion ? Ce ne sera pas une dissertation de philosophie mais une réflexion basée sur ma propre expérience.


Le libre arbitre est la faculté pour l’humain d’être libre de faire ses propres choix d’opinion, de décision, d’action, sans influence extérieure.


Après tous ces posts que j’ai écrits sur le conditionnement, il en ressort que l’influence extérieure est omniprésente du berceau jusqu’à la mort. Ceci amène donc rapidement à la conclusion qu’il n’y a pas de libre arbitre.


C’est une idée intéressante que celle de ne pas avoir de libre arbitre mais j’ai commencé par le comprendre comme une incapacité à ne pas réagir quand il m’arrivait quelque chose. A savoir que j’étais dans la réaction et non dans une action libre de toute mémoire. 

Et cela fait longtemps que j’ai envie de sortir de la réaction car j’ai trop vu à quel point ces modes réactifs étaient des cercles vicieux, récurrents et source de souffrance. Une personne avec qui on se dispute souvent est un bon révélateur : au hasard… le conjoint.


J’ai d’abord pris conscience de ma propre réactivité face à certaines blessures qui ravivaient des mémoires douloureuses. J’ai donc pris conscience de mon propre manque de libre arbitre. Cette compréhension m’a donné un tout petit peu de marge de manœuvre vis à vis de l’autre et, au lieu de réagir avec beaucoup d’émotion, j’ai pu, après maintes tentatives ratées, simplement énoncer que j’étais blessée. Malheureusement, que je réagisse avec émotion ou que j’énonce que je suis blessée, le résultat est le même : l’autre se sent attaqué et réagit à son tour. Et on rentre dans le même cercle vicieux et récurrent. J’ai essayé toutes sortes de variantes dans ma façon d’énoncer que j’étais blessée avec la communication non violente mais le résultat était toujours le même : plussss de souffrance pour moi.

J’en suis donc venue à ne plus rien dire et c’est très difficile pour l’ego au début. Cela entraînait de la frustration et il fallait ensuite que je contemple l’action ou la parole blessante, la mémoire ravivée et la frustration. Le bilan était quand même plus intéressant que la multitude de blessures issues des disputes récurrentes sans compter les dégâts que cela faisait dans notre couple.

C’est devenu plus facile quand j’ai vraiment compris que l’action blessante de l’autre était déjà une réaction par rapport à une parole ou une action de ma part. De la poule ou de l’œuf,… on peut remonter loin pour essayer de trouver qui a commencé… 

Mais surtout, j’ai compris que l’autre ne pouvait pas réagir autrement, qu’il n’y pouvait rien, que ce n’était pas un processus conscient.

Donc il y a eu une compréhension un peu plus profonde de cette absence de libre arbitre, pas seulement pour moi mais aussi pour l’autre.

C’est pour cela que maintenant, je choisis de sortir du jeu et de m’éloigner quand je me sens blessée au lieu de réagir vis à vis de l’autre et d’en faire un drame. Mais je ne sais pas si c’est vraiment un choix, c’est plutôt la voie de la moindre souffrance car je sais ce qui va se passer ensuite. Cela dénote peut-être aussi d’un besoin moindre d’avoir raison, de gagner. Les rapports de force, la compétition perdent de leur attrait. Plus j’applique de nouveaux comportements, plus c’est facile à faire, je suppose que ce sont de nouveaux chemins neuronaux.


Il y a quelque chose que je fais depuis de nombreuses années, c’est de ne pas répondre aux critiques, jugements,… c’est plus facile quand cela ne vient pas d’un proche. C’est une attitude que j’ai vue chez un lama tibétain et qui m’avait époustouflée. Il expliquait quelque chose puis une personne de l’auditoire prenait la parole pour dire « oui mais,… » et au final exprimer un point de vue très différent de celui développé par le lama. Et bien, le lama n’essayait jamais de le contredire, il se contentait de dire : « Maybe » et il passait à autre chose… Je l’ai vu faire cela aussi lors d’une rencontre avec un monseigneur de l’église catholique. Le monseigneur, à un moment de son discours, a déclaré « vous les boudhistes, vous cherchez à fuir la souffrance ». Et bien le lama n’a jamais répondu à cela alors que tout le monde bouillait dans l’auditoire !

Récemment, j’ai aussi « vu/compris » le bénéfice karmique lié au fait de ne pas répondre.


Même s’il n’y a pas de libre arbitre, mon observation et compréhension de moi-même puis des autres permet une certaine distanciation. Cette distanciation est-elle le résultat d’un conditionnement ? J’ai le sentiment que c’est plutôt le résultat d’un déconditionnement puisque le conditionnement commence à être vu. Il me semble d’ailleurs que le fait de voir mes conditionnements est facilité par un niveau vibratoire plus élevé.


Donc pour résumer :


  1. augmentation du niveau vibratoire 
  2. Augmentation du niveau de conscience donc de la capacité d’observation et de compréhension 
  3. Sortie du mode réactif primaire, début de la distanciation 


Je ne sors réellement du jeu que lorsque la souffrance de la blessure, de la mémoire ravivée et de la frustration de ne rien dire, lâche. Car quand cela lâche, il y a une vraie Compréhension, une Évidence, et une couche de mémoire douloureuse est comme brûlée.

lundi 7 février 2022

Le conditionnement spirituel




 Avant de commencer sur ce sujet délicat, je voudrais rendre hommage à tous ceux qui témoignent en toute simplicité de leur vécu de la conscience pure. Certaines approches, dites directes, sont particulièrement chères à mon cœur comme la vision sans tête de Douglas Harding et le questionnement « qui suis-je ? »recommandé dans l’advaita. Alors je rends grâce aux personnes qui transmettent ces enseignements après les avoir réalisés, en les gardant ainsi vivants et accessibles à tous.


J’écris ce post sur ce sujet car autant il peut s’avérer facile de percevoir les conditionnements liés à notre vie dans la société, autant il est plus difficile de remettre en question les conditionnements, souvent créés par nous mêmes, dans un domaine que l’on peut considérer comme sacré : le domaine spirituel.


Je me souviens, enfant, m’être souvent dit qu’il y avait quelque chose qui clochait, un sentiment diffus car je n’arrivais pas à mettre le doigt sur ce qui clochait, mais qui a motivé ma quête spirituelle. 


La quête spirituelle peut avoir divers angles d’approche. L’un d’eux est qu’on ne croit plus en la poursuite hyper matérialiste telle que nous la propose la société actuelle, avec sa compétitivité à outrance, son « toujours plus » qui amène l’humain, sur son lit de mort, à reconnaître qu’il a gâché sa vie car il n’emmènera avec lui aucune de ses possessions.


Si on ne croit plus au dieu argent, pas de soucis, il y a une solution de rechange. On nous propose les religions qui nous disent de faire vœu de pauvreté et d’adhérer à une liste de commandements, d’interdits, de croyances. On échange alors un système de croyances matérialistes pour un autre système de croyances, plus spirituelles…


Au sein des systèmes religieux, des approches philosophiques et en dehors de toutes voies, il existe des êtres qui ont réalisé l’essence de leur être. Ils témoignent et inspirent les chercheurs spirituels.

J’ai fait un bout de chemin avec certain d’entre eux et j’ai rencontré certaines problématiques. Bien qu’il soit question de libération, il y a un risque parfois, d’échanger une cage pour une autre.


L’imitation 

J’ai pratiqué le bouddhisme tibétain pendant une dizaine d’années. Il n’était pas rare de voir des personnes de l’auditoire arborer des vêtements couleur bordeau, qui est la couleur des robes des lamas tibétains…

Il y a eu un maître, asiatique il me semble, dont j’ai oublié le nom, qui ne mangeait que des brocolis. Va-t-on s’éveiller si on ne mange que des brocolis ?


Le culte de la personnalité 

C’est toujours de l’imitation : va-t-on s’éveiller si nous cultivons les mêmes qualités que le maître ?

Il y a une tendance à mettre des personnes réalisées sur un piédestal en oubliant qu’elles sont des êtres humains. Lorsqu’on s’en approche trop, on voit les défauts et on s’entend dire que nous projetons nos propres défauts sur le maître. Ce n’est pas faux.

J’ai eu tendance à choisir comme guides des êtres doux et compatissants qui incarnaient ma vision idéalisée de l’éveil. Ces apparences ne durent qu’un temps quand on côtoie suffisamment ces personnes mais voir les défauts aide aussi à se rappeler que l’éveil n’est pas réservé aux saints. 


La relation romancée de maître à disciple : un stade infantile ?

Rêve t-on d’être le ou la disciple préférée d’un maître et de l’accompagner partout pour bénéficier de ses perles de sagesse et s’en remettre à lui pour notre évolution spirituelle car il sait mieux que nous…

C’est encore une tendance à remettre son pouvoir entre les mains de quelqu’un d’autre, d’échanger une cage pour une autre en se soumettant à quelqu’un. Combien de fois j’ai entendu des pratiquants bouddhistes dire « le lama l’a dit » donc ils appliquaient sans se poser de questions : obéissance totale. Ce sont ces mêmes personnes qui diront après plusieurs mois ou plusieurs années qu’ils ont fait ce que le lama leur a dit et ils ont plein de problèmes dans leur vie. 

Je pense notamment à une femme qui avait demandé conseil avant de se présenter à des élections municipales. Elle a foncé sur les conseils d’un lama mais elle a vécu beaucoup d’épreuves en tant que maire et elle a fini par avoir une attaque cérébrale qui l’a laissée très diminuée. Je me souviens en avoir parlé avec elle avant son attaque, elle souffrait énormément et disait  « pourtant j’ai fait ce que le lama m’a dit ».

Pareil dans les réunions avec des êtres réalisés issus de l’advaita. Je me rappelle d’une femme qui s’était vue conseiller par la personne réalisée de louer une certaine maison pour en faire un centre de réunion et d’activités de toutes sortes car il y avait une maisonnette séparée de la maison principale. La femme en question a investi pour transformer la maisonnette mais elle y a laissé ses économies et cela n’a jamais fonctionné. Et, un jour, au cours d’une réunion, elle en a parlé, elle s’est tournée vers l’être réalisé et elle s’est exclamée : « tu peux te tromper ! ».

J’avoue que je me suis toujours bien gardée de demander des conseils, je n’étais pas sure que je les appliquerai. La seule fois où j’en ai demandé un quand j’étais au plus bas dans ma nuit de l’âme, il n’y a pas eu de réponse. Mais je me considère comme étant responsable de mes actes donc même si j’applique un conseil je ne rejette pas la faute sur l’autre si cela ne se passe pas bien.

Une autre notion qui accompagne ce caractère romancé c’est la fidélité dont j’ai eu plus de difficultés à sortir. J’ai beaucoup entendu qu’on choisissait un maître pour la vie, voire pour de nombreuses vies. Il peut y avoir un moment où l’on stagne mais on continue avec la même personne parce qu’elle nous a fait évoluer pendant un temps, qu’elle a facilité les premiers aperçus,… Je me suis forcée à continuer à suivre des maîtres pour plein de mauvaises raisons alors que cela n’avait plus de sens pour moi et, avec le recul, je me rends compte à quel point ce qu’ils proposaient ne me convenait pas ou plus.

Cette croyance en une nécessité de fidélité peut aussi entraîner une culpabilité si on se décide à partir qui me rappelle d’autres culpabilités lorsque je refusais d’appliquer certains conseils parce qu’ils ne résonnaient pas en moi.


Le maître extérieur ne peut être qu’une béquille temporaire nous permettant de revenir à notre conscience pure car nous sommes notre propre maître et rien ni personne d’autre n’a droit à ce titre. La quête de l’éveil est une voie de libération où l’univers entier ne sert qu’à nous ramener à notre propre êtreté. Avoir plus confiance en un autre qu’en nous mêmes nous maintient dans une soumission. Arrêtons de remettre notre pouvoir entre les mains de quelqu’un d’autre. Quel bonheur de ne plus dépendre des autres, de retrouver son autonomie, sa souveraineté ! Quel soulagement ! 

Et cela ne veut pas dire qu’il faut fuir les réunions spirituelles, au contraire, mais les aborder avec un état d’esprit plus juste en se rappelant que nous seuls savons ce qui nous convient le mieux.


L’attachement à une voie 

De la même façon, j’ai souvent entendu dire de ne pas mélanger les voies car cela ne faisait pas travailler les mêmes énergies…

On peut éprouver de la fierté à suivre une certaine voie ou un certain maître en excluant toutes les autres, voire en jugeant les autres voies…

Lire des textes ou regarder des vidéos ou assister à des réunions qui ne me touchent pas n’ont plus de sens pour moi même s’il s’agit d’un grand maître. Ce n’est peut-être tout simplement pas le moment. 

Ne pas être élitiste si on a seulement envie de chanter ou de faire une activité créative, cela m’est arrivé. J’ai pu constater que cela ouvre la sensibilité, la conscience et ces textes sont revenus naturellement sur mon chemin à un moment où j’ai pu les apprécier.

Au final, un jour ou l’autre, on finit par suivre notre propre voie de retour à la maison à notre propre rythme sans contrainte, sans culpabilité.


Les questions qui restent sans réponse

D’où venons nous ? Que sommes-nous ? Où allons nous ?

D’où viennent les pensées ?

Est-ce qu’une personne réalisée est tout le temps dans le vécu de la conscience pure ?

Est-ce que ce vécu de conscience pure est une fin en soi ? Y a-t-il des stades de réalisations après la première réalisation ? Et si oui, ces stades de réalisation sont-ils accessibles tant qu’on est incarné ?

…

Des questions qui restent sans réponse pour que nous ne perdions pas confiance ou pour nous maintenir dans une certaine soumission ou parce qu’on ne peut pas comprendre,… ? On s’entend dire que la seule chose importante c’est l’éveil et que les questions ne servent qu’à nourrir le mental.

Il y a un certain mystère entretenu sur l’après réalisation et sur la réalité relative, la création, que j’ai toujours vu et subi et que j’ai dénoncé récemment, notamment avec mon besoin de vérité.


Je me suis enfin autorisée à suivre mon enthousiasme et c’est peut-être une coïncidence mais ma vie a complètement changé, je me sens plus libre, et je me suis vraiment remise en route après avoir stagné pendant presque 11 ans. Je trouve ce dont j’ai besoin au moment où j’en ai besoin, cela ne dure qu’un temps et je trouve autre chose. Ce n’est pas linéaire, il faut régulièrement que je me rappelle de ne rien attendre de l’extérieur, surtout pas une validation, et de tourner le regard vers l’intérieur. Le but est toujours la réalisation et tout m’y ramène. Merci à tous ceux qui postent des vidéos ou des textes sur le net pour témoigner de leur vécu : une belle énergie d’entraide :)


La sensation que j’avais enfant que quelque chose clochait demandait à être adressée aussi et je creuse pour essayer de comprendre l’envers du décor de la manifestation, y compris de la mienne, à tous les niveaux. Les réponses qui résonnent en moi ne sont pas faciles à digérer. Cela met fin à beaucoup de mensonges et je me sens plus consciente à chaque instant. Donc cela ne fait pas que nourrir le mental, cela améliore la conscience et la motivation à sortir de ce jeu, en tous cas pour moi.


Le célèbre « connais toi toi-même » qui fut gravé sur le fronton du temple d’Apollon où la Pithie officiait à Delphes disait en réalité : « Connais toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les Dieux ». Et si cette phrase était plus littérale qu’on ne le pense et nous faisait toucher au mystère de la Création et de notre création ?

Réfléchir ou ne pas réfléchir

Il n’est pas nécessaire de réfléchir pour faire quoi que ce soit. Même pour faire un exercice de physique, la réflexion n’est pas nécessaire...