dimanche 9 novembre 2014

Tranché




J'ai beaucoup travaillé sur l'intériorisation : regarder tout ce qui me tracasse, accueillir tout ce qui remonte à la surface. Et ça aide.

Néanmoins, je prends conscience que c'est sans fin, qu'il y aura toujours quelque chose à accueillir car, même dans l'hypothèse où je réussirais à faire la paix avec tous mes souvenirs, il y aura toujours des événements nouveaux perturbants qui se produiront. Les bouddhistes ont une image sur ce sujet : on a beau essuyer un miroir, de la poussière continuera à tomber dessus, il ne reste pas propre une bonne fois pour toutes...

Cette nuit, je me suis apitoyée sur mon sort : après 15 ans de méditation, force m'était de constater que le mental était toujours agité. Je me trouvais nulle et je pleurais, et je pleurais... Je voulais abandonner...

Heureusement, j'ai pris l'habitude de ne jamais prendre de décision quand je me sens aussi mal car je sais que c'est un état temporaire, que ça passera. Et c'est le début de la brèche qui s'est produite cette nuit, la première distanciation : je savais que ça passerait...
Je commençais à moins adhérer au spectacle...

Ensuite, il y a eu une constatation : que l'ego était un bon comédien. Toutes ces larmes et ces lamentations, quand même ! La brèche s'est agrandie... Il y avait un observateur et un chouineur. 

J'ai regardé encore un peu ce jeu de l'ego et d'un coup, ce n'était plus une brèche, c'était tranché net : ce cinéma, ce n'était pas moi, je ne suis pas ça ! Et j'ai retrouvé l'arrière-plan. Il n'y avait plus de chouineur, plus de lamentations. Je ne pouvais même pas comprendre comment tout ce cinéma avait pu prendre place, impossible d'y accorder le moindre crédit. Il ne restait que tranquillité.

dimanche 26 janvier 2014

Le souffle divin

Une respiration prend place au niveau du coeur.
Une respiration qui suit le rythme de la respiration mécanique mais qui est une respiration globale de tout mon être : un souffle divin qui vivifie le chakra du coeur. L'energie rentre par cette respiration, elle descend puis remonte en passant par le coeur jusqu'au sommet de la tête. Je suis très centrée, intériorisée. Le mental est calme. Le corps est détendu, en mode lâcher prise. L'arrière-plan est là.
Le coeur respire...

dimanche 12 janvier 2014

Le coeur : étincelle divine

Je n'ai rien publié ces dernières années car j'avais l'impression qu'il ne se passait plus rien. L'éveil ne m'intéressait plus vraiment, je n'avais plus envie de lire sur ce sujet, il n'y avait plus d'apercus... La seule chose qui se passait pratiquement, c'était que mes souvenirs désagréables non digérés remontaient à la surface les uns après les autres : pas de répit, avec l'impression que je n'en verrai jamais le bout. Cela faisait remonter mes peurs à la surface, elles se dévoilaient et mon vécu quotidien en était contaminé : je me souviens que mon mari me disait que j'avais peur de tout et je me sentais souvent angoissée. J'ai aussi vu des croyances s'effondrer et pas des moindres, comme si je voyais les piliers de ma maison s'écrouler. C'était peut-être la seule chose qui m'intéressait, débusquer les croyances même si ce n'était pas une recherche active du tout. Par où aurais-je commencé : c'est le problème avec les croyances, on ne sait même pas qu'elles sont là, qu'elles sont fausses... Bref, pas drôle, le trou noir, encore appelé "la nuit de l'âme".

Mais depuis le mois d'août, ça bouge de nouveau ! L'enchaînement d'événements qui y a conduit m'est propre et est donc sans intérêt il me semble. La seule chose que j'ai envie de dire, c'est que je manquais d'énergie avec une impression d'être en fin de vie pendant cette phase de nuit de l'âme et que depuis le mois d'août, j'améliore volontairement cet aspect énergie. Cela a modifié mon alimentation sans forcer, plutôt comme une évidence : je mange essentiellement des fruits et des légumes crus. 

Lorsque j'avais des aperçus, je ressentais que ça se passait "au niveau de la tête", à la base du crâne, à l'arrière de la tête. Et je ne comprenais pas pourquoi tout le monde disait que le plus important était le coeur...

Aujourd'hui, je ressens quelque chose de différent au niveau du chakra du coeur. Pas juste le chakra qui tourne et c'est légèrement à droite de celui-ci pour moi. Une impression d'énergie qui arrive à ce niveau là, une sensation de transparence, de fluidité, de détente. Quand c'est là, j'ai l'impression d'irradier d'Amour. D'ailleurs les gens doivent le ressentir car ils sont adorables avec moi dans ces moments-là ! Je me sens tranquille, apaisée, heureuse. Les pensées se calment car cette sensation occupe tout l'espace.

Ce matin, j'avais très mal aux intestins et cette sensation au niveau du coeur ne se manifestait pas. Je me suis mise les mains sur les intestins et j'ai fait du reiki. En même temps que la douleur aux intestins s'est calmée, la sensation au niveau du coeur, un peu à droite, est revenue. Peut-être une coïncidence ...

C'est localisé au niveau du coeur, comme en un point mais pas un point minuscule et solide, plutôt un point qui semble infini quand on est dedans, vaste, fluide, léger, transparent.... Une étincelle de conscience pure.

Peut-être que cela se manifeste une fois qu'on a embrassé une part "suffisante" de nos ténèbres (mauvais souvenirs ...), que l'on a éclairé une bonne partie de nos zones d'ombre...

vendredi 3 février 2012

Les pouvoirs



L'arrière-plan n'est pratiquement plus accessible et il n'y a plus de motivation pour faire des efforts dans le but de le retrouver. Rencontrer des êtres réalisés ou lire leurs écrits ou méditer semblent bien être des raccourcis dans cette direction mais je n'ai plus le carburant nécessaire pour le faire. Cela me fait encore un peu drôle car cela m'a occupée, préoccupée, depuis l'âge de 15 ans et là, plus rien. 

Donc, en surface, il ne se passe plus rien, j'ai même l'impression d'être très "normale". Mais en profondeur, il se passe des choses. Comme dans la mer : parfois les eaux de surface sont toutes calmes et, à 20-30 mètres, il y a un courant énorme dont on n'a pas la moindre idée en surface (souvenirs de plongeuse). 

Ce qu'il se passe en profondeur, et donc en dehors de mon champ de conscience intellectuel, c'est une évolution de certains pouvoirs. Cela a commencé avant les premiers aperçus mais j'ai l'impression que leur évolution s'est accélérée depuis. Bon, rien à voir avec les pouvoirs de Superman, les pouvoirs dont je parle ne rendent pas invincibles, n'ont pas une utilité extraordinaire. En fait, ils ont tendance à perturber mes habitudes car ils m'obligent à agir et réagir différemment. 

Le premier pouvoir qui est là depuis plusieurs années déjà est l'empathie. Il s'agit du fait de ressentir (et non pas de deviner) les émotions de quelqu'un. Je sais instantanément si les personnes en face de moi m'aiment bien ou pas ;-). Je sais aussi que quelque soit l'émotion ressentie par l'autre, même à mon égard, c'est transitoire. A savoir, que ce qu'il ou elle ressent aujourd'hui, il ou elle ne le ressentira plus à la prochaine rencontre. Du coup, le jugement disparaît de plus en plus, je me sens de moins en moins concernée. 
Je ne sais pas si les gens se rendent compte que chaque parole prononcée est portée par une émotion. Donc, quand ma sensibilité est au plus haut, je sais l'émotion qui alimente les paroles de quelqu'un. Là aussi, le jugement tend à disparaître, la plupart des gens ne sont pas conscients de ce qu'ils ressentent. Et moi pas toujours, et même si je sais, cela ne m'amuse pas forcément de l'admettre. Je n'apprécierais pas qu'on m'agresse en me disant tout ce qui se passe en moi donc je n'agresse pas les autres non plus en le leur disant, j'ai déjà suffisamment l'impression que ce genre de ressenti est à la limite du voyeurisme. 

Le deuxième pouvoir est le ressenti énergétique. J'interagis avec mon environnement avec les sens ordinaires (vue, ouïe, toucher,...) mais aussi avec ce ressenti que j'appelle énergétique parce que je ne sais pas comment l'appeler autrement, et qui est en lien avec les chakras. Les lieux, les pierres, les gens, les aliments, les médicaments naturels..., je les ressens, soit de façon généralisée et tout le corps se met à vibrer comme si chaque atome se mettait à bouger plus vite que d'habitude, soit au niveau d'un chakra en particulier. Parfois, il y a les deux ressentis en même temps. Cela concerne plutôt les chakras supérieurs, le cœur et au dessus. Cela modifie ma façon de vivre car je ne peux pratiquement plus acheter des fruits ou des légumes dans les magasins par exemple, je vois bien qu'ils sont morts ! Je suis donc en train d'apprendre à reconnaître les salades sauvages qui ont l'avantage de pousser dans mon jardin et que je peux manger sitôt cueillies. Cela augmente ma vitalité, mon niveau de vibration. Je commence même à me rendre compte que quand je mange quelque chose de mort (cueilli depuis trop longtemps ou nourriture transformée) cela me coûte de l'énergie et parfois cela me rend malade. 

Il m'arrive également de savoir ce que pense quelqu'un mais ce n'est jamais volontaire de ma part. Quand cela se produit, c'est que la personne est très focalisée sur sa pensée. Quand les gens pensent à 50000 choses, je n'ai pas l'impression de savoir à quoi ils pensent. 

Je décris tous ces pouvoirs dans le sens où je suis le receveur mais je me rends de plus en plus compte que l'inverse est vrai aussi. Quand j'ai une forte émotion, mon entourage en manifeste les symptômes, idem pour des chakras un peu suractifs. Et pour les pensées, c'est très puissant, j'ai vraiment le sentiment de projeter mes pensées. Par exemple, il m'arrive de penser à quelque chose que quelqu'un m'a dit ou fait et de m'imaginer en train d'expliquer à la personne que je ne suis pas contente ou pas d'accord avec ses paroles ou ses actions ; et le lendemain, la personne se comporte comme si la discussion avait eu lieu à haute voix face à face et elle s'excuse ou s'explique, sans que je n'ai rien dit ! 
D'une façon, je pense un peu similaire, il m'arrive de me sentir projetée dans des lieux auxquels je pense, pas avec le corps mais en conscience. Il y a alors une sensation d'être à deux endroits en même temps, j'ai conscience de ce qu'il se passe dans les deux endroits. 

Le pouvoir qui se développe le plus en ce moment c'est le pouvoir de prémonition. Je sais quand il va se passer quelque chose d'inhabituel. 
Ce pouvoir met en évidence à quel point je fonctionne en termes d'habitudes, rien n'est jamais nouveau dans ma façon d'appréhender la vie, tout est déjà planifié. Par exemple, on prend la voiture et on est persuadé que tout ce passera bien, que l'on arrivera à destination et dans les temps prévus. Il n'y a pas de place dans notre vie pour l'inhabituel et c'est surement pour cela que cela nous énerve tellement quand il se produit un accident, un délai, un changement de dernière minute ou un changement tout court. Je crois que nous avons planifié, sans nous en rendre compte, notre vie jusqu'à la mort. 
Le pouvoir de prémonition est très dérangeant, je trouve, parce qu'il met le doigt sur tout ce qui va se passer d'"anormal". Mais j'ai beau le savoir, je ne peux pas le modifier. Je savais en emmenant ma voiture chez le garagiste pour la réparation d'un pneu qu'il allait se tromper de pneu mais j'ai eu beau insister sur le pneu qui avait un problème, il s'est quand même trompé et a pris du retard. 
Puis le ressenti prémonitoire est devenu tellement fort qu'il m'est devenu impossible d'accomplir une action prévue quand je savais que cela allait mal se passer. Ce que je fais maintenant, quand je sens un obstacle, c'est que j'essaye de voir si le ressenti est meilleur en reportant l'action à plus tard. C'est très délicat en famille, quand il y a un planning prévu et que je suis littéralement dans l'incapacité d'aller là où on avait prévu d'aller et que je demande d'échanger avec le programme de l'après-midi, par exemple. Je vois mon mari s'arracher les cheveux ;-). Le plus drôle, c'est que pendant mon épisode bouddhiste, il m'est arrivé d'être témoin quand des lamas acceptaient de faire une action mais disaient "pas maintenant". Et puis, 2 heures ou 2 jours plus tard, ils disaient "maintenant". Je n'aurais jamais imaginé que cela m'arriverait et je n'ai pas la robe de lama pour faire passer la pilule dans mon entourage ;-). 
Au début de la manifestation de ce pouvoir, cela concernait des actions sur le point d'être faites : je ressentais un malaise à l'idée de les faire, un manque d'envie énorme sans savoir pourquoi. Puis, j'ai su pourquoi je ressentais un malaise, j'ai su ce qu'il allait arriver d'inhabituel dans la journée. Ensuite, j'ai su la veille et, aujourd'hui, je sais 2 ou 3 jours avant. Et c'est encore plus perturbant de le savoir à l'avance car sur le moment, cela n'a pas de sens. Par exemple, le week-end dernier, j'ai su que nous allions être bloqués à la maison. Je ne savais pas combien de temps cela durerait et je ne comprenais pas comment c'était possible : le fonctionnement de la société n'allait pas s'effondrer au point que le pays soit paralysé quand même. J'ai passé une partie de mon dimanche à réaliser à quel point nous sommes dépendants de la dite société pour notre survie et à essayer de convaincre mon mari de prévoir un minimum de matériel de survie (filtre à eau, moyen de faire du feu, scie, potager...). Il m'a regardé comme si je débarquais de la planète Mars ;-). Deux jours après, nous étions bloqués chez nous par la neige (sur la Côte d'Azur c'est rare !). Heureusement, cela n'a pas duré !

Je ne sais pas si c'est considéré comme un pouvoir, mais il se passe des choses pendant les rêves également. Il  m'arrive de temps à autre d'être consciente d'être en train de rêver. Récemment, j'ai fait une série de rêves très courts où j'avais conscience d'être en train de rêver et du coup il y avait une totale appréciation du spectacle qui se déroulait tout en sachant qu'il ne pouvait strictement rien m'arriver, aucun danger.
Mes premiers mots pour décrire cela était que c'était comme un cinéma mental perso, pas dans le sens où on s"imagine plein de choses probablement fausses mais dans le sens où on vit une aventure projetée qu'on sait ne pas être vraiment réelle, sans risques, dans laquelle on n' a aucun contrôle, et qui n'est là que pour nous. J'insiste sur "aucun contrôle" parce qu'il est totalement clair dans mes rêves que je n'ai pas la main sur les évènements qui se produisent, qui m'arrivent.

Ces pouvoirs ou perceptions particulières sont perturbants parce qu'il ne sont pas en lien avec les organes de perception, ils sont en dehors de la sphère physique classique et donc, peu de gens les comprennent. Je me rends bien compte que cette évolution des pouvoirs est liée aux aperçus qui deviennent rares mais qui se produisent encore de temps en temps. Il y a comme un travail de sape qui se fait en profondeur et qui rogne toutes les croyances petit à petit. Je pense donc que ces pouvoirs grandissent sur la base qu'il y a un "su", même non permanent, qu'il n'y a pas de séparation. Ces pouvoirs semblent être la conséquence logique du fait que la croyance en la séparation s'érode. Comment pourrais-je savoir ce que ressent ou pense une autre personne s'il y avait séparation entre elle et moi ?

mercredi 23 novembre 2011

Jean-Baptiste : Petit traité de stratégie guerrière. :)

Bonjour à toi,

Bravo pour ce blog, c'est en effet rare de tomber sur des articles qui traitent des moments très douleureux lorsqu'on traverse son désert intérieur.

Je ne vais pas exposer mes expériences sur le premier aperçu que j'ai pu avoir. Je dirais juste que c'était une existence dans l'existence, deux mois à surfer sur la vague de la vie jusqu'à la mort. Une fois revenu, je me suis senti très mal physiquement et parfaitement indigne moralement. L'ego ou l'ancienne identité s'est aussitôt saisi de moi et j'ai pu voir à quel point il pouvait déchainer les ténèbres. Les resistances sont dantesques, la lutte acharnée.

C'est un peu comme si l'égo découvrait un nouveau jouet qui ne lui ai pas destiné et qu'il se rendait compte que jamais, il ne pourrait le posséder. S'identifier à cela est une véritable torture. Je ne peux que remercier le ciel de m'avoir permis de vivre cette expérience avant d'affronter ma mort physique. J'ai le sentiment que le feu brûle quand même moins fort quand on s'engage sur le chemin volontairement.

Je voulais juste ajouter un mot sur l'absence de stratégie. Oui il n'y en pas, la plupart des stratégies sont en effet mentales (je désire m'appropier ces expériences) donc il y a échec dans tous les cas. Il nous appartient en tant qu' esprit de mettre en échec le mental et pas de s'y coller comme des mouches. Facile à dire...Mais quand l'energie est aspirée par un seul côté (l'égo) alors on est piegé pendant un bon moment. Et grâce soit rendue que rien ne dure ici bas.

J'entends souvent dire qu'il faut observer le mental...et puis s'en dissocier par le fait même d'observer. C'est juste mais insuffisant. Donner trop d'énergie au mental en le laissant faire alors qu'on s'identifie à lui pendant cette lutte de la dernière agonie, c'est attirer sur soi beaucoup de souffrance. Comme un enfant qui met la main dans le feu pour voir si ça fait mal. L'expérience est nécessaire mais quand un bambin l'a fait, je ne lui dis pas d'ajouter de l'essence et de recommencer... Si quelque chose est beaucoup plus fort que nous alors oui allons dans le feu (il n'y a pas le choix) mais si l'on peut être vigilent, évitons de tirer la queue de la casserole pour filer la métaphore des accidents ménagers. :)

Observer les pensées, ce qui se passe, etc., c'est bien lorsqu'on débute le chemin après lorsqu'on sort du feu, on a pas forcément envie d'y retourner tout de suite si cela n'est pas absolument obligatoire.
Bref, je crois que le plus sage, c'est encore de se situer en amont de tout ça. Couper les vivres à l'égo pour que le feu s'éteigne éternellement. Devenir son propre gardien. Se maintenir (et c'est dur) dans un silence absolu. Faire des efforts sans cesse plus prononcés pour rester dans le non manifesté. Se tenir au carrefour et observer ce qui entre. Cette immobilité de l'esprit forcée au début deviendra par la suite plus naturelle et les resistances alors moins fortes seront plus faciles à dépasser. La force des illusions sera considérablement attenuée et la lutte gagnée d'avance ou plutôt disons que l'affrontement sera esquivé avant d'avoir eu lieu. Dans un esprit immobile, les mouvements sont perçus avec un temps d'avance, cela évite de se scotcher sur les projections, les émotions (enfin plutôt les réactions primaires du mental). Sachant à l'avance ce qui va se passer, on décidera ou non de suivre. Si ce qui survient est particulièrement attractif et qu'on y cède alors il faudra préparer le feu de joie. :) Le fameux : "ne nous soumets pas à la tentation mais délivre nous du mal." Les réactions de l'égo nous sollicitent ou nous tentent, à nous de ne pas y répondre, de ne pas y accorder de l'importance afin que cette chose ne grandisse point en nous. ("Seigneur, ils ne reconnaissent pas leur droite de leur gauche!" disait un prophète)
Si la chose est immédiatement identifiée alors vous avez gagné le droit de ne pas combattre. Sinon, bah si ça fait souffir (le désir) alors mieux vaut ne pas s'engager dans la lutte car vous êtes déjà devenu votre adversaire, dès lors vous devez rennoncer à vous battre car vous êtes passé de l'autre côté. Vous êtes l'égo. Ce qui meurt.

La voie du rennoncement est sûrement longue. Je commence juste à l'arpenter.
Bizarrement, mon commentaire ressemble à un petit traité de stratégie guerrière. :) Mais la voie du rennoncement est en réalité la meilleure façon ne pas avoir à se combattre soi-même.

Jean-Baptiste

samedi 23 juillet 2011

Rien à changer

Je préfère l'expression "rien à changer" plutôt que celle qui dit "tout accepter". 

Dans le "tout accepter", je décèle encore une notion d'effort : je me contrains à accepter tout ce qu'il se passe. Telle personne me fait du mal mais j'accepte, j'accepte tout ce qu'elle me fait, me permettant ainsi de profiter pleinement de mon rôle de victime qui me donne tellement l'impression d'être une "sainte". Ou alors, je suis dans le "je m'en fiche" qui cache souvent un aveuglement par rapport à ce qui est réellement ressenti : je suis dans un déni plus ou moins conscient de ma souffrance et je me fais croire que je ne suis pas impactée, que j'ai "accepté" la situation.

De mon point de vue, il ne s'agit pas de tout accepter en me la jouant martyr ou en me mentant à moi-même. Il s'agit d'être consciente de l'impact que les situations ont sur moi. Et c'est cet impact, que ce soit de la colère, de la tristesse, une respiration saccadée,..., qui est laissé libre d'être là, qui n'est pas fui, qui n'est pas changé. Et tant pis si cela ne correspond pas à l'image habituelle du "chemin", il ne s'agit pas d'une ligne droite : chaque nœud psychologique mis en lumière est surprenant et remet tout en question, même si c'est temporaire.

Mais encore une fois, ce n'est pas moi qui décide de ne rien changer, cela me saute aux yeux comme une évidence à un certain moment auquel je n'ai pas trouvé de cause particulière. Parfois, mais pas toujours, cela se produit à la suite de la révélation d'un nœud psychologique qui m'a fait plonger avec force dans la projection. C'est un peu comme quand je mange trop de chocolat, au bout d'un moment je suis un peu écœurée par le chocolat. Idem avec le vécu projeté : quand cela a été très fort, au bout d'un moment la projection perd de son attrait.

Mais même pour le "rien à changer", il ne s'agit là, de toute façon, que d'une étape ou d'une béquille dans mon vécu, avant le vécu d'arrière-plan. L'arrière-plan est en amont de la pensée, en amont de l'acceptation. La question de l'acceptation ne se pose plus à ce moment-là, elle n'a tout simplement pas de sens. Même si l'instant d'avant, il y avait de l'agitation mentale, l'instant d'après, l'arrière-plan habité ne mentalise pas.




vendredi 27 mai 2011

Le coeur et la peur

Le vécu dominant en ce moment est une ouverture quasi-permanente, ressentie notamment au niveau du cœur. Il y a une détente intérieure qui se traduit par un relâchement de muscles que je n'avais pas remarqué que je crispais continuellement sans nécessité.

J'agis dans le monde, je fais mes courses, je travaille, je mange, tout continue normalement... mais à l'intérieur, il y a comme une transparence, ça se laisse traverser, pratiquement sans faire obstacle. Et dès que ça fait obstacle, les crispations du corps sont tout de suite vues, avec une certaine surprise.

Cette ouverture ne s'est pas faite sans heurts. Il y a eu des moments très douloureux et je devais faire des exercices de yoga pour que la pression se relâche au niveau du cœur. Cela oscillait entre une très grande ouverture accompagnée d'une très grande douceur à la douleur au niveau du cœur avec fermeture. Cela s'est stabilisé dans un entre-deux bien que de temps en temps, il y ait de nouveau des poussées douloureuses.

Récemment, un nouveau nœud a été mis en lumière. Le cœur n'était plus ouvert en continu. Puis, ce qui me tracassait a cessé de me tracasser, ça a lâché d'un coup et j'ai tout de suite senti la détente intérieure prendre place et le cœur s'ouvrir.

Ce vécu d'ouverture, depuis février, d'abord en alternance puis de façon assez continue, a succédé à un vécu de peurs et d'angoisses assez fortes mais non justifiées. Aujourd'hui, il y a beaucoup moins de peur (la détente ne semble pas possible quand la peur est là). Et c'est extrêmement agréable d’aborder les autres et le monde sans cette peur. C'est très fluide.

L'arrière-plan est moins là depuis que ces vécus se sont manifestés. Il revient de temps en temps. L'arrière-plan, tel que je l'ai décrit dans d'autres messages, me semble prendre son origine au niveau de la tête avec un recul intérieur et une grande détente puis, très vite, l'idée d'une localisation n'a pas de sens.

Le vécu que je décris ici est littéralement une sensation d'ouverture qui prend son origine au niveau du cœur. Et ce n'est pas le même vécu que l'arrière-plan. Il y a de la douceur, comme une tendresse...

Il y a aussi, par moments, une impression d'englober le monde.

Réfléchir ou ne pas réfléchir

Il n’est pas nécessaire de réfléchir pour faire quoi que ce soit. Même pour faire un exercice de physique, la réflexion n’est pas nécessaire...